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    Ingérence du Parlement européen, « Hirak » et discours en demi-teinte des candidats à la présidentielle du 12 décembre

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Ayoub C.

    Le « Hirak » est pratiquement présent dans tous les discours des candidats à la présidentielle du 12 décembre. Et, tous les candidats, sans exception, courtisent ce mouvement populaire sans pareil. Malgré son rejet déterminé de l’élection présidentielle, son mépris envers tous les candidats, conspués là où ils passent par des foules hostiles, le « Hirak » est glorifié par les candidats, qui ne laissent passer aucune occasion pour dire du bien de ce mouvement ou leur adhésion à ses principes. Une contradiction flagrante dans le discours politique, une manière de dire que le « Hirak » n’est pas une propriété privée d’une partie ou d’une autre du peuple algérien ou encore une tentative de se faire des sympathisants en son sein. Pourtant, personne parmi les cinq candidats n’oseraient sortir un vendredi ou un mardi avec les manifestants, discuter avec eux, tenter de les convaincre sur le terrain d’aller voter le 12 décembre, eux, qui disent que leurs programmes s’inspirent des revendications du « Hirak ». En même temps, tous les candidats en conviennent que ceux qui ne veulent pas voter sont libres de leur choix, ainsi que ceux qui choisissent l’urne en tant que solution aux problèmes du pays. C’est d’une ambiguïté innommable que de surfer sur les vagues sans prendre une position claire dans ce contexte. Tebboune est le seul candidat à avoir clairement parlé en bien du « Hirak el moubarek à ses débuts », quand les masses ont imposé leur vision qui consiste au rejet du 5e mandat et la prolongation du 4e, disait-il. Laissant clairement entendre que le « Hirak » a pris par la suite des sentiers qu’il refuse de cautionner. Les autres candidats parlent du « Hirak » comme s’il s’agit d’électeurs en force qu’ils tenteraient de gagner à leur cause. Pourtant, le « Hirak », lui, rejette avec force l’élection présidentielle du 12 décembre et plaide pour période de transition. Et, c’est la « Hirak » qui a donné un alibi au Parlement européen d’inscrire à l’ordre du jour de sa prochaine session plénière, du 28 novembre 2019, à Strasbourg, le vote d’une résolution d’urgence sur l’« emprisonnement des défenseurs des droits de l'homme et la liberté religieuse en Algérie ». Il serait hypocrite, donc, de critiquer ce Parlement européen, comme le font les candidats à l’élection présidentielle, sans s’attaquer de front au « Hirak », qui ne s’est pas offusqué de cette ingérence étrangère dans les affaires intérieures du pays, et dont le mouvement de contestation constitue un argument de base dans le plaidoyer des deux députés français ayant forcé l’inscription du « dossier » Algérie à la prochaine session plénière du Parlement européen. Les candidats à la présidentielle du 12 décembre n’ont pas le droit de faire de la démagogie en ces moments difficiles et sensibles que traverse le pays. Ils sont tenus de s’en tenir à des principes fermes, d’afficher des positions claires, sans verser dans les discours en demi-teintes. Bien sûr, lorsque les urnes auront désigné un président, celui-ci sera le président de tous les algériens, mais avant d’en arriver là, il faut avoir le courage et l’honnêteté de faire part de ses opinions en toute clarté. Dire au « Hirak » qu’il constitue un alibi de l’ingérence étrangère.              

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