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    La colère populaire qui fait trembler les mollahs iraniens

    • Catégorie : actualités
    • Écrit par Rania Z.

    Dix morts, le drapeau brûlé, des bâtiments publics incendiés. La rue gronde en Iran. Comme le Venezuela avant lui, l’Iran et d’autres pays producteurs de pétrole qui se trouvent sur le bord d’un volcan, parfois sans le savoir ou sans y prendre conscience, s’engagent dans un tunnel noir, d’où il n’est plus possible d’en sortir sans séquelles…

     Qui pouvait s’y attendre ? Les iraniens manifestent leur colère contre la dégradation des conditions de vie dans un environnement économique très difficile, qui a entraîné une flambée des prix et une chute du pouvoir d’achat. Et, cette colère populaire fait trembler les mollahs, les dignitaires religieux, qui ont pris le pouvoir à la suite d’une révolution, menée par le guide Khomeiny, et qui a provoqué la chute du Shah. L’Islam était mis en avant de cette révolution qui a donné naissance à la république islamique d’Iran, mais au fond il y avait également, en ce temps là, un ras-le-bol quasi général dû à la cherté de la vie. Dans les deux cas, c’est la chute des prix du baril de pétrole, dont l’effet sur la vie des habitants ne peut être que désastreux, qui a fait sortir la population dans la rue. L’Iran, comme le Venezuela avant lui, et d’autres pays producteurs de pétrole qui se trouve sur le bord d’un volcan, parfois sans le savoir ou sans y prendre conscience, s’engage dans un tunnel noir, d’où il n’est pas plus possible d’en sortir sans séquelles. Le président américain, Donald Trump, qui a déclaré ces derniers que « le temps du changement » était venu en Iran. Puis, revenant à la charge contre le régime iranien, ennemi juré des Etats-Unis, le président américain a dit que « les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais ». Bien sûr que non, les iraniens manifestent leur colère contre la vie chère, et si jamais cette cherté n’a pas eu lieu, dans le cas où le prix du baril de pétrole aurait gardé la barre au dessus de 100 dollars, rien de tout cela ne serait arrivé. Sans juger la nature régime, oppresseurs ou démocratique, une question qui reste du ressort du peuple iranien, on doit insister sur le fait que les iraniens sont sortis dans la rue manifester leur colère contre la cherté de la vie, et ils doivent bien se rendre à l’évidence que les dirigeants sont les premiers responsables de cette situation désastreuse, surtout quand ils voient que ces dirigeants vivent, contrairement au petit peuple, dans l’opulence. En tout cas, ces manifestations qui brûlent et cassent tout sur leur passage font trembler les mollahs, qui constatent que la colère du peuple est un torrent incontrôlable. Six, dix morts, on commence à compter les chouhadas dans les villes iraniennes, chose qui augure d’un durcissement des mouvements de contestations. La télévision iranienne a évoqué le chiffre de dix morts, uniquement dans la nuit de dimanche à lundi, sans donner plus de précisions sur ce bilan, mais en précisant que les forces de l’ordre n’avaient pas tiré sur les manifestants. Lundi soir, premier jour de l’année 2018, après de nouveaux rassemblements, la même télévision d’Etat a rapporté, sans autre précision, qu’un policier était mort et que trois autres avaient été blessés dans le centre du pays. Et dire qu’on continue du côté officiel à considérer que ces manifestations sont provoquées par des « perturbateurs » et que des éléments parmi ces derniers ont été identifiés et un certain nombre arrêtés, notamment les deux iraniens qui ont brûlé le drapeau sur une place publique. En tout cas, le chahut gagne du terrain, et il arrive à la capitale, Téhéran. Le chef de l’Etat, Hassan Rohani, tente d’apaiser les les tensions en condamnant « la violence et la destruction de biens publics », et en avouant qu’il fallait créer « un espace pour que les partisans de la révolution et le peuple puissent exprimer leurs inquiétudes quotidiennes ». Mais, n’est-il pas trop tard de songer à enclencher un quelconque dialogue non empreint de la sincérité qui sied à de telles situations. En vérité, les mollahs iraniens n’étaient pas prêts à encaisser ce choc. 

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