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    Grève du CNAPESTE: la guerre des chiffres !

    • Catégorie : actualités
    • Écrit par Rania Z.

    La grève du Cnapeste prend des allures de guerre des chiffres. Le taux de participation à la grève est différemment apprécié par la tutelle et le syndicat. Pas à quelques points près mais avec des différences très vastes, qui laissent perplexes les observateurs. Quand le Cnapeste annonce des taux de suivi de la grève très « satisfaisant » à travers les établissements scolaires du pays, soit entre 70 et 90 % dans le secondaire où il est très implanté, et entre 30 et 60 % dans le primaire, les directions de l’Education à travers les mêmes wilayas affirment que le taux des grévistes ne dépasse guère 5,11 %. Il est clair que l’un des deux avance de faux chiffres, peut être les deux à la fois ne disent pas la vérité à propos de cette adhésion des enseignants à la grève…

     Chaque partie donne les chiffres qui lui conviennent. La tutelle tente de réduire l’influence du Cnapeste et ce dernier tente de rassurer ses troupes. Sur le terrain, il est également très difficile de vérifier le taux de participation à la grève. Il y a des établissements scolaires presque paralysés et d’autres qui ne sont pas trop perturbés,  enregistrant seulement quelques grévistes parmi les enseignants. Mais, le problème avec ces grèves dans le secteur de l’Education, c’est que quelques classes, cinq six ou sept, tenues par des enseignants grévistes, en arrêt de cours, influent négativement sur tous les autres élèves même s’ils continuent à suivre régulièrement leurs cours avec des enseignants non grévistes, notamment pour le cas des élèves de classes d’examen. Lors du BAC et du BEM, les épreuves sont les mêmes pour tous les élèves, et comment fera-t-on pour les élèves qui n’ont pas terminé le programme scolaire à cause de la grève ? Quel est leur faute puisqu’ils sont pris en otages dans ce conflit entre la tutelle et le syndicat ? Bien sûr, il faut s’attendre après la fin de la grève, dans une semaine, deux ou trois, même un mois ou deux, après un arrangement trouvé entre les parties en conflit, une reprise des classes avec récupération des cours perdus, en d’autres mots le recours aux cours accélérés et aux cours particuliers. Parce que les enseignants, presque tous les enseignants grévistes continuent à travailler en parallèle en donnant des cours particuliers. Les enseignants font la grève uniquement dans les lycées publics, en privé ils continueront d’enseigner dans des locaux, des appartements et des villas transformés en écoles parallèles. Rappelant que la rencontre entre les représentants du ministère de l'Education nationale et le CNAPESTE a pris fin dimanche à Alger sans qu'aucun accord ne soit trouvé autour des revendications du CNAPESTE qui portent essentiellement sur le plein respect de la teneur des conventions signées entre le ministère de l'Education nationale et le syndicat, notamment en ce qui concerne la régularisation de la situation des personnels occupant des postes en voie de disparition, la médecine du travail, l'actualisation de la prime de zone pour les travailleurs du sud, le logement, les promotions et la retraite anticipée. Notons également qu’une décision de justice a déclaré la grève du Cnapeste « illégale », une décision qui n’a pas été respectée par les grévistes. Tout comme celle rendue dans l’affaire des médecins résidents, dont la grève a été également déclarée illégale, mais qui n’a pas été respecté par les grévistes. Il faut relever qu’il s’agit de décisions de justice qui ont été notifiées aux grévistes par voie de presse, et cela est illégal car la décision de justice pour prendre effet doit être notifié aux concernés par huissier de justice.   

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