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    Les ventes des biens immobiliers s'effondrent, les prix gardent encore la côte

    • Catégorie : actualités
    • Écrit par Mouloud M.

    Pour combien de temps, encore cette côte sera-t-elle gardée ? La question est pertinente, surtout quand on apprend la baisse de 35% des ventes des biens immobiliers qui a été enregistrée ces derniers mois dans les grandes villes algériennes, selon les affirmations des professionnels du secteur. Une situation jamais vécue et qui inquiète au plus haut point ceux qui possèdent des biens immobiliers et qui veulent les vendre, ainsi que les agences immobilières et les notaires qui voient leurs chiffres d’affaires chuter d’une manière drastique. « On passe une semaine sans voir aucun client pointer du nez », nous dira Lyes, un gérant d’une agence immobilière dans une grande ville à l’Est du pays, qui a plus de 30 ans dans le métier. « C’est tellement la dèche que, parfois, je me mets à espérer que quelqu’un vienne juste pour me demander le prix d’un appartement, mais rien,  personne ne frappe à la porte, et je passe encore une journée tout seul avec une offre assez garni sans acheteur », a-t-il fait constater. Les plaques « A VENDRE » ou  « A LOUER » sont accrochées partout dans nos villes, il suffit de lever la tête pour le voir sur les balcons et les fenêtres…

       La tendance est à la proposition des ventes de l’immobilier par les particuliers, des propriétaires de biens immobiliers demandent nos services pour la vente ou la location, mais on concrétise rarement, très rarement, la vente de ces produits. Même pour les locations il n’y a pas grand monde qui se bouscule. Là également, les gens mettent ou proposent leurs biens en location sans trouver preneur. L’immobilier reflète fidèlement la situation politique, sociale et économique du pays, et d’après ce nous sommes en train de vivre dans ce domaine, il est clair que l’Algérie traverse une grave crise, sur tous ces plans. D’une part, il y a le manque de stabilité politique qui pousse les gens à vendre et, bien sûr, partir ailleurs. Parce que l’argent de la vente est souvent changé en euros, la monnaie refuge, qui enregistre justement ses taux les plus hauts ces dernières semaines, avec 1 euro atteignant plus de 207 dinars. C’est ce qui marche le mieux de nos jours, l’euro et l’or. Un refuge sûr pour ceux qui veulent mettre à l’abri leur argent. « Il y a quelques années, c’était tout à fait le contraire, l’immobilier atteignait un boom jamais vu, tout ce que mettait sur le marché s’achetait, et rapidement », rappelle notre gérant de l’agence immobilière. C’était le temps de l’aisance, ajoute-t-il, l’argent coulait à flots partout et de partout, l’Algérie présentait un visage des plus stables dans la région, mais aujourd’hui les choses ont beaucoup changé. Il y a, certes, ces réalisations et distributions de centaines de milliers de logements à travers le pays, qui ont atténué la crise du logement, et qui ont influé sur le marche de l’immobilier en Algérie, mais il y a aussi une réalité qui montre que personne ne se sent à l’aise dans sa peau, la crise économique, le malaise social, et l’incertitude politique pèsent lourdement sur l’avenir du pays. Notant que les prix de l’immobilier n’ont pas enregistré une chute significative, les prix ne se sont pas effondrés avec la chute spectaculaire des transactions, mais cela ne tarderait pas à arriver à ce rythme du marché, estiment les spécialistes du marché de l’immobilier. Les logements restent très chers, notamment dans les centres urbains, dépassant facilement les 3 milliards pour un F3, un peu moins dans les cités périphériques mais gardant toujours le même niveau d’il y a une année ou deux. Tout autant la location, qui reste très cher dans les endroits résidentielles, allant jusqu’à 2,5 millions de centimes, voire plus, pour un F3. Mais si le marché de l’immobilier reste dans cet état de stagnation, les prix vont suivre et s’effondrer selon la logique de la loi de l’offre et la demande.   

     

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