Aujourd'hui le :
    A+ A A-

    Référendum sur le report de la date du Baccalauréat

    Le débat à l’école a quitté soudainement le front social pour se concentrer sur cette question du report ou pas de la date du Baccalauréat. Une question propulsée au devant de la scène et qui occupe réellement tous les esprits. Pourtant, le problème est ailleurs. Bien évidemment, chacun ayant sa petite idée sur la question, les avis des syndicalistes divergent à ce sujet. Il y en a ceux qui sont pour le report et d’autres contre. En attendant le vote des élèves et de leurs parents. Un référendum scolaire. Quelle blague ! La ministre a-t-elle raison d’organiser cette consultation, soit dit « démocratique », pour que personne ne vienne rechigner sur son sort devant son tableau ? Hélas, le seul fait de lancer cette consultation à quelques semaines de cet examen n’arrange en rien la préparation des élèves sur le plan psychologique. C’est un temps d’hésitation très préjudiciable à la concentration, et qui vient après le vide laissé par la grève des enseignants. Une calamité, voilà le seul enseignement qu’on peut déduire de cette valse. Plusieurs syndicats du secteur de l'éducation et des associations des parents d'élèves ont affiché leur soutien à la décision de report de la date des examens du Baccalauréat pour se tenir après le mois de ramadan afin d'accorder le temps nécessaire aux candidats et leur permettre de passer cet examen dans des conditions psychiques et pédagogiques adéquates notamment après les perturbations causées par la grève des enseignants. En tout cas, la balance penche du côté du report si l’on tient compte du nombre de voix exprimées par les partenaires engagés dans ce référendum. Sept (7) syndicats, en l’occurrence Unpe, Snapap, Fnte, Fnape, Unpef, Satef, Fnape, sont pour le report de la date d’examen du Bac. Auxquels s’ajoutent la voix des associations de parents d’élèves et celle probablement des élèves qui vont voter, oui au report, sur Internet. Tout ce beau monde estime qu’un report de la date du Bac devrait aider les élèves à récupérer le temps perdu lors de la grève. Le report de la date du baccalauréat, pense-t-on, permettrait aux élèves de passer cet examen dans de meilleurs conditions, d'autant plus que la date prévue auparavant "coïncidait avec le mois de Ramadhan ce qui impacte négativement sur le rendement des élèves et leur concentration". Seul l’Unpef a touché du doigt la problématique en soulignant que "le report de la date du baccalauréat après le mois de ramadan servirait mieux l'intérêt des élèves en dépit des difficultés auxquelles les professeurs seront confrontés lors de la correction qui pourrait être reportée au delà du 4 juillet, date de leurs sortie en vacances". Le report de la date du Bac servirait les intérêts des élèves et pas ceux des enseignants. Il n’y a que deux (2) syndicats qui sont contre le report, en l’occurrence le Cnapeste et le Cla, et à un degré moindre le Snapest. Le CNAPESTE et le Syndicat du Conseil des lycées algériens (CLA) ont exprimé leur attachement de maintenir l'examen du Baccalauréat à la date fixée précédemment (du 3 au 7 juin), estimant que "le report de la date est inutile étant donné que l'intervalle entre les deux dates proposées (15 jours) est insuffisante pour rattraper les cours perdus à cause de la grève". Alors que le SNAPEST reste philosophique en indiquant que cette question exigeait "la publication du rapport de la commission nationale de suivi des programmes sur le taux d'avancement des cours dans les wilayas touchés par la grève", estimant "qu'il est inutile de reporter la date du Baccalauréat si cet intervalle n'est pas consacré à la poursuite et au rattrapage des cours". La ministre possède, maintenant, un argument massue, la majorité des voix exprimées en faveur du report, soit 9 voix pour le report, 2 voix contre et un vote blanc (celui du Snapest). Pourtant, le problème restera, toujours, ailleurs. Les élèves, eux, ont pour la majorité décrochée des études dans les lycées. Les absences dans les classes Terminales vont en augmentant, et se comptent par dizaines. Les élèves révisent ensemble ou suivent les cours particuliers. L’école publique fout le camp.  

    Connexion ou Créer un compte