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    Crash de l’avion militaire à Boufarik, ce que nous dit Facebook

    • Catégorie : actualités
    • Écrit par Ayoub C.

    Depuis quelque temps, déjà, on savait que facebook, en Algérie, et dans d’autres pays, à des degrés divers, a pris beaucoup d’avance sur les médias. Les médias, eux-mêmes, les gens, les jeunes surtout, s’informent à travers le réseau social, et croient absolument, ou presque, tout ce qui se dit sur les murs virtuels. En toute logique, donc, la couverture médiatique du drame de Boufarik n’a pas échappé à cette règle, avec plus de dominance du réseau social, car c’est grâce à facebook que la nouvelle, illustrée par des images et des vidéos, s’est propagée presque instantanément à travers le pays et à l’étranger. Les médias, y compris les médias lourds (TV), ne font que reprendre les mêmes informations disponibles, c’est-à-dire nombre de victimes et quelques trucs techniques sur l’avion, rien de plus. Ce n’est pas entièrement leur faute, puisque les autorités font dans la rétention de l’information. Facebook, de son côté, nous apprend tout sur les victimes, un peu leur histoire, et il a la liberté de poser les questions, d’aller chercher les réponses et les responsabilités à l’origine de cette catastrophe aérienne qui a endeuillé le pays, même si les arguments ne sont pas solides, parfois tout juste des spéculations. C’est en l’absence d’une « communication officielle » que facebook arrive à prendre une telle place dans la diffusion de l’information. Cela peut faire du bien, mais cela peut également faire mal, très mal. Rien de plus facile que de susciter l’émotion de la population en se focalisant sur le drame qui a choqué toute la population algérienne. Sur Facebook, des internautes parlent des pauvres algériens décédés lors du crash de l’Iliouchine, cet appareil monstre qui se trouve dans le ciel, en service dans le transport des troupes et de la logistique depuis près d’un quart de siècle. Normalement, disent les internautes, ce vieil appareil ne serait pas autorisé à voler, puisque il a dépassé son délai de vie, et il a fini par emporter la vie de ses occupants. Les regrets viennent tardivement, dit-on, et on serait mieux avisé de communiquer officiellement sur cette catastrophe aérienne, en organisant des points de presse avec les professionnels des médias pour tenir la population « informée » sur les questions qui hantent les esprits. Quitte à dire que l’enquête est en cours et que les responsabilités seront déterminées et suivies de sanctions. Ne rien dire, c’est favoriser la spéculation et la rumeur. Ailleurs, on a vu des présidents recevoir les familles des victimes de crashs d’avions, les assurer du soutien des plus hautes autorités et leur assurer que les résultats de l’enquête leur seront communiqués en premier. Malheureusement, chez nous, pas trace du président, ni de ses conseillers, ni d’Ouyahia, seul facebook continue à déverser ses infos sur cette catastrophe aérienne que l’Algérie n’a jamais connue dans cette ampleur, 257 victimes selon des chiffres officiels, bien plus selon facebook, où l’on parle de 500 victimes !

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