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    Ces milliards des subventions de lait en poudre qui finissent dans des comptes privés en Suisse

    • Catégorie : actualités
    • Écrit par Mouloud M

    L’Algérie, qui cherche inlassablement, depuis près de dix ans, à récupérer les millions de dollars des subventions de l’importation de lait en poudre, détournés par un certain Zoubir Bererhi, dont le nom est apparu pour la première fois dans la presse en 2016, à l’occasion de la publication des « panama papers », a reçu au mois d’août dernier des informations « d’une importance capitale » de la part de la justice Suisse, selon Swissinfo, qui se réfère à des enquêteurs branchés dans des affaires liées au crime économique. Pour l’histoire, les documents de la firme panaméenne Mossack Fonseca révélaient que cet escroc d’envergure, devenu homme d’affaires, âgé de 75 ans, avait gonflé les factures du lait en poudre qu’il importait en Algérie à travers un procédé très simple. Zoubir Bererhi, celui qui a escroqué l’état algérien, acquérait les tonnes de lait  en passant par une société qu’il détenait en secret. Puis, il rachetait cette même marchandise auprès de sa propre société secrète par le biais de sa laiterie en Algérie à des prix qui atteignent le double du marché. Laab H’mida wa Racham H’mida, comme on dit. Au bout, le surplus lui tombait directement dans les poches, en dollars et à l’étranger. Selon les estimations des enquêteurs il touchait plus d’un million de dollars par mois provenant des subventions étatiques. L’escroc avait constitué plusieurs sociétés offshore, avec l’aide de Mossack Fonseca, afin de pouvoir surfacturer le lait en poudre sans se faire connaître. Il semble même que plusieurs autres escrocs ont profité de ces subventions pour amasser des fortunes à l’étranger. D’ailleurs, dans cette affaire, Zoubir Bererhi n’est pas le seul visé par l’enquête. Son fils et son beau-frère, qui possédaient des comptes en leur nom en Suisse, figurent parmi les personnes visées par la requête algérienne. Dans un arrêt rendu public le 20 août dernier, le Tribunal pénal fédéral (TPF), Suisse, indique que le juge d’instruction du pôle spécialisé du Tribunal de Sidi Mohamed a requis la coopération des autorités suisses en juillet 2017. «L’enquête est diligentée des chefs d’organisation d’association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux dans le cadre d’une organisation criminelle», précisent les juges du TPF. Selon le résumé des faits inclus dans leur arrêt, le 25 août 2017, le Ministère public genevois a ordonné le séquestre de plusieurs comptes dans deux banques en Suisse. Reste à savoir pourquoi la justice algérienne n’a pas lancé des mandats d’arrêts contre les escrocs, et d’autres encore, pour les juger ici en Algérie, et récupérer les millions de dollars qui dorment dans des comptes bancaires en Suisse ?

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