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    Visa : seule la puissance de l’argent ouvre la porte de la Suisse

    • Catégorie : actualités
    • Écrit par Ayoub C./synthèse agences

    Obtenir un visa pour la Suisse, c’est impensable pour un Algérien, un Marocain ou un Tunisien. Exception faite pour les riches, pour toutes les autres classes de jeunes Maghrébins, l’obtention d’un visa est quasiment impossible. Car, seuls les riches peuvent avoir l’accord du visa Suisse, et encore car selon Raymond de Morawitz, avocat genevois spécialisé dans le droit des étrangers, la situation financière n’est en général pas une condition suffisante pour autoriser le séjour d’un étranger. «A part s’il est très riche, auquel cas il s’installerait en Suisse au titre d’un forfait fiscal, un Maghrébin, même assez aisé, ne pourrait probablement pas entrer en Suisse.» La loi sur les étrangers précise que pour entrer en Suisse, tout ressortissant doit posséder des «moyens de subsistance suffisants» qui se montent à environ 100 francs Suisse par jour. Un critère difficile à atteindre si on doit multiplier ce chiffre par 90 jours, le délai de séjour accordé par le visa, et qui donnerait 9000 francs Suisse (plus de 150 millions de centimes sur le change au marché noir algérien). Et, pour prouver ces moyens de subsistance suffisants, on doit présenter de l’argent liquide, des chèques de voyage, des cartes de crédit ou une garantie bancaire. Bien sûr, la Suisse n’est de loin pas la seule à établir un critère financier pour autoriser le séjour d’un ressortissant étranger. Le Canada, par exemple, oblige aussi les résidents temporaires à disposer de fonds suffisants pour couvrir leur séjour. Pour les pays européens, il faut ainsi 50 euros par jour en Grèce, 65 euros par jour en France si la personne va à l’hôtel, et 35 euros par jour si elle est hébergée chez des amis. Et, si on y ajoute l’appréciation des services consulaires sur la question de la tentation du demandeur de s’évaporer dans la nature et vivre au noir après avoir obtenu un visa temporaire, le refus devient presque machinale pour tout jeune demandeur de visa pour la Suisse. Pourtant, bien moins nombreux qu'en France, les Maghrébins de Suisse sont généralement bien intégrés, bien formés et actifs dans la vie associative. Avec environ 18 000 personnes, les Maghrébins forment 1% de la population étrangère de la Suisse. La migration des Maghrébins a ses motifs: le regroupement familial, la recherche d’un emploi, l’éducation, l’asile politique. En 2002, plus de deux tiers des Marocains présents en Suisse y étaient venus pour rejoindre leur famille. En 2005, ils avaient atteint la proportion de 80%. Quant aux Marocains entrés en Suisse en 2002 pour des raisons d’études et de formation, leur proportion ne dépassait pas 20%. Concernant la naturalisation, en quelques années, le nombre d’immigrés des trois pays du Maghreb ayant obtenu la nationalité suisse a augmenté. Entre 1992 et 2010, quelque 200 à 280 Tunisiens ont été naturalisés chaque année, alors que ce nombre se situe entre 150 et 200 pour les Algériens.

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