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    El Hadjar bloqué par des chômeurs…faudrait-il sacrifier les revendications sociales sur l’autel de la transition démocratique ?

    • Catégorie : actualités
    • Écrit par Mouloud M

    Plus de 500 jeunes demandeurs d'emploi ont bloqué lundi 8 avril les quatre accès du complexe sidérurgique Sider El Hadjar (Annaba) pour réclamer des emplois directs au sein de cette structure, a-t-on appris de son directeur général, Chamseddine Maâtallah. Voilà un échantillon du gros problème auquel sera confronté le pays dans les premiers temps de cette transition démocratique qui prend forme. Le chômage et les problèmes socioéconomiques constituent des facteurs à hauts risques sur la stabilité de l’Algérie, qui peuvent être exploités par les ennemis de la révolution tranquille du peuple. Déjà, on peut suspecter qu’il y a de la manipulation derrière cette action de protestation de ces jeunes chômeurs qui ont paralysé le complexe sidérurgique d’El Hadjar, et quand on parle du complexe d’El Hadjar on sait tout le poids des lobbys, proches de l’ancien système, qui ont longtemps exploité le filon du fer pour leurs intérêts propres. Certaines sources mettent ce mouvement de protestation sur le compte la Direction de l’emploi de la wilaya, qui aurait établi une liste de 800 jeunes bénéficiaires de poste de travail au sein de Sidérurgique El Hadjar, alors que ce dernier n’a pas signalé que 180 postes d’emploi vacants. Une fois cette liste dévoilée par la Direction de l'emploi, les jeunes concernés se sont automatiquement rendus au complexe Sidérurgique El Hadjar, pour réclamer les postes de travail qui leurs ont été décernés par la Direction de l'emploi. Et, lorsqu’ils ont appris la vérité auprès de la direction du complexe, c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’emplois pour tout ce beau monde, ils ont alors bloqué les accès du complexe empêchant les travailleurs d’y pénétrer et rejoindre leurs postes, notamment ceux qui travaillent selon le système de rotation, conduisant à l’arrêt du grand four et causant des pertes énormes au complexe, à l’économie nationale, quelques 9 milliards en une seule journée. C’est un exemple qui peut facilement se généraliser et il faudrait dans ce sens prendre toutes les précautions pour éviter des dérapages sur le plan socioéconomique et des nombreuses revendications sociales en générales. La départ de Bouteflika et son clan ne va pas régler ces problèmes socioéconomiques en un clin d’œil, peut être que cela sera le dossier le plus dur à traiter par les équipes qui vont en prendre en main le destin de l’Algérie. Dans cette optique, il est primordial de prendre conscience de ce danger, notamment de la part des syndicats et des citoyens travailleurs ou à la recherche d’un emploi. Il faudrait faire preuve de patience d’un côté, et de l’autre penser à libérer les initiatives économiques, mettre en place en urgence une justice sociale et partager le fardeau sociale entre toutes les catégories de la population. Il est indispensable dans ce contexte de sacrifier, du mois pour un temps, les revendications sociales, en attendant de bâtir une économie forte et faire décoller l’investissement créateur d’emplois. Tout un chantier auquel on devrait consacrer une grande part de cette énergie créée par le mouvement populaire.   

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