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    Sit-in des avocats et magistrats devant le ministère de la Justice

    • Catégorie : actualités
    • Écrit par Mouloud M

    Certes, l’action des dizaines d'avocats et de magistrats, qui ont observé un sit devant le siège du ministère de la Justice à Alger, pour revendiquer l'"indépendance de la justice" et exprimer leur solidarité avec le mouvement populaire, enclenché le 22 février dernier pour demander le départ du système, est à valoriser, mais il reste beaucoup à faire par ces hommes de loi pour garantir l’état de droit et la justice auxquels aspire le peuple algérien. Des magistrats italiens ont payé de leur vie pour faire tomber de grandes familles de la maffia sicilienne et napolitaine. Des magistrats américains tiennent tête au président de la première puissance mondiale. Des magistrats algériens intègres ont été harcelés, suspendus et exilés, mais leurs sacrifice est resté vain tant que leur collègue sont restés cloîtrés dans un silence complice. Les magistrats sont forts de la loi qu’ils appliquent au nom du peuple. Les juges et les avocats n’ont qu’à renforcer leur solidarité sur la base de l’éthique et la loi pour devenir plus forts que le ministère de la justice, auprès duquel ils sont allés revendiquer un état de droit et l’indépendance de la justice. Ces avocats et magistrats, rejoints par des notaires et des huissiers de justice, ont exprimé leur engagement à rester mobilisés jusqu'à la satisfaction de leur revendication, à savoir "l'indépendance totale de la justice qui garantit l'Etat de droit". Mais, ne sont-ils pas, eux-mêmes, la justice ? Un juge doit rendre justice selon la loi et sa conscience, et il n’a qu’à obéir à ces deux conditions pour satisfaire sa propre revendication. Il n’a qu’à s’opposer à la justice du téléphone et de la ch’kara pour accéder à son indépendance et à l’indépendance totale de la justice. De quelle tutelle attendent-ils un signal pour une libération de la justice ? Pour aller vers l’efficacité, un juge, pour faire valoir la force de la loi et l’indépendance de la justice, doit rester derrière son bureau, ouvrir les dossiers de la corruption, faire son travail comme le dicte la loi et la bonne conscience, sans rien attendre d’une toute autre partie qu’elle lui donne ce qu’il a entre ses mains, à savoir le grand pouvoir de rendre des verdicts au nom du peuple algérien.

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