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    « Jeune Afrique » indésirable en Algérie

    Le numéro 3045 (19-25 mai) de « Jeune Afrique » qui comportait une enquête consacrée à Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée, intitulée : « L’homme qui menace la révolution » a été interdit de vente en Algérie, selon M. Marwane Ben Yahmed, le directeur de publication de Jeune Afrique, un magazine qui traite de l’information en Afrique et est édité à Paris. Ce dernier a vite crié à la censure en Algérie où « tout change pour que rien ne change », a-t-il écrit dans le sillage de ce blocage de la distribution de son numéro. M. Marwane Ben Yahmed a eu le verbe rapide et facile, car rien de tout ce qu’il dit n’est vrai. M. Gaid Salah n’a jamais menacé la révolution, bien au contraire, il fait tout pour que cette révolution garde son caractère pacifique et débouche sur des sentiers bienheureux pour le pays. Personne ne peut contredire la révolution par la des millions d’algériens qui scandent depuis le 22 février « Djeich Caab Khawa khawa » (armée et peuple frères). Est-ce le fait qu’aucune goutte n’a été versée en Algérie qui torture ces esprits soit dit libres ? Quant au blocage du numéro en question de Jeune Afrique, ce n’est pas de la censure, les journalistes algériens qui vivent en Algérie écrivent quotidiennement des articles et des éditoriaux très critique envers Gaid Salah, le chef de l’Etat et le Premier ministre, et plus encore, sans que personne ne les en empêche. Ce n’est pas de la censure, c’est juste qu’on ne veut qu’un invité vienne nous insulter chez soi, voilà l’explication de ce blocage, qui n’a rien à voir avec la censure ou la liberté d’expression. Car, on sait pertinemment qu’on peut s’abonner et lire cet article sur Internet partout et à tout moment. Dans ce contexte, l'éditorial du dernier numéro de la revue de l'ANP, El-Djeich, qui est revenu sur l’absolu nécessité de l’ouverture d'un dialogue « véritable et sincère, fait de concessions réciproques" pour ouvrir la voie à une issue légale et constitutionnelle garantissant l'organisation des élections présidentielles "le plus rapidement possible", a mis en garde les algériens contre « l'utilisation immorale des médias » qui cherchent à abuser de l’opinion publique et visent à créer le chaos dans le pays. Pour la publication, "aujourd’hui, et plus que jamais, les intentions malveillantes et les plans diaboliques, les dépassements outranciers et dangereux de certaines parties qui, suivant la logique des bandes, cherchent à abuser l'opinion publique, les tentatives désespérées de susciter le doute sur toute initiative nationale crédible à même de mener vers une véritable sortie de crise, à travers l'utilisation immorale des médias, qu'il s'agisse de journaux ou de supports audiovisuels, pour construire des scénarii farfelus et distiller des mensonges venimeux, des informations erronées ou falsifiées, n'ont d’autre but que de voir la situation perdurer, voire s'aggraver". Dans ce contexte, la revue a mis en exergue la nécessité de convier à la table du dialogue "des personnalités nationales et des élites sincères et fidèles à la Patrie afin de trouver une issue favorable qui satisfasse l'ensemble, découle de la conviction de l'institution, de son souci de veiller à la continuité de l'Etat et de son attachement aux engagements qu'elle a exprimés, en de maintes occasions, d’accompagner le peuple algérien et les institutions de l'Etat et de faire échec à tous les scénarii aux néfastes desseins". "Bien plus, la conviction en la nécessité du dialogue entre les fils de la Patrie une et indivisible et à ce que ce dernier soit la priorité, en cette conjoncture précise, est de nature à économiser du temps en réduisant la durée de la crise, comme elle donnera lieu à la proposition d'initiatives sérieuses de sortie de crise et, par la même, permettra de neutraliser toute proposition destinée clairement à faire perdurer la crise", a noté El-Djeich, qui a réaffirmé, en outre, l'importance d'installer une instance indépendante chargée de l'organisation et de la supervision des élections "en tant qu'outil légal garantissant le déroulement d'élections présidentielles libres, intègres et crédibles".

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