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    Assemblages autos : grincements de moteurs en haut lieu

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Amine T

    De gros intérêts sont, décidément, en jeu avec cette histoire d’entreprises ou de marques automobiles triées sur le volet pour entrer sur le juteux marché algérien. La vision du Premier Ministre, Ahmed Ouyahia, a été bloquée par d’autres parties qui ne partagent pas sa politique sur ce plan. Des parties qui ont clairement affiché leur opposition à ce tri « très select » opéré par M. Ouyahia, qui a ouvert le marché devant 5 marques automobile, pas une de plus, dira-t-il. Mais il fallait compter sans d’autres personnes influentes, qui ne l’entendent pas de cette oreille et qui veulent ouvrir le marché algérien de l’assemblage auto à d’autres producteurs, qui sont nombreux à montrer leur intérêt pour investir dans ce créneau. Ainsi, après une première instruction, celle qui désigne cinq entreprises pour s’installer et commencer leur travail de montage en Algérie (Renault, Peugeot, Sovac, Hyundai et Nissan), le Premier Ministre revient avec une seconde instruction qui annule la première. Surprise et incompréhension des observateurs de la scène. Pourtant, il fallait juste lire notre article publié le 24 novembre 2017 sur www.directealgérie.com pour comprendre que Djamel Ould Abbes, le SG du FLN, est passé par là. Ce même responsable politique qui tenir une tripartite « parallèle » le mardi prochain avec l’UGTA et le FCE. Un article que nous republions in extenso pour montrer le profond désaccord entre ces deux hommes du président, au sujet du montage de véhicules en Algérie et de tout ce qui touche au fric en général. Un article à lire absolument pour comprendre ce qui se passe…

     Les présidentielles de 2019, l’argent, le montage automobile, les fractures entre le FLN et le RND existent. Les deux premières forces politiques du pays, sans aucune autre rivalité sérieuse, ne sont pas toujours d’accord sur ces dossiers sensibles, et l’on peut, plutôt on doit, se poser la question si le « derby » entre eux gardera ses limites à la sportivité politique. Les deux frères ennemis, comme certains les appellent, sont en désaccord total à propos du candidat à présenter aux élections présidentielles de 2019, si M. Bouteflika ne se présente pas pour un cinquième mandat, bien sûr, sinon les deux se rallieraient au  choix indiscutable. Dans le cas où M. Bouteflika ne se présenterait pas sa propre succession, en 2019, chacun des deux partis aura son candidat à présenter et à défendre bec et ongle. D’ailleurs tout l’enjeu politique est à ce niveau de la compétition, les présidentielles de 2019, qui peuvent enflammer les rivalités entre les deux partis. L’argent constitue un autre désaccord ouvertement, et publiquement, affiché par les deux partis. Les salaires des fonctionnaires n’auraient pas été payés si le gouvernement n’a pas mis en place la planche à billets, ou le financement non conventionnel. Il n’y avait dans les caisses que 50 milliards de dinars alors la masse salariale exige 100 milliards de dinars, argumentait le Premier Ministre et patron du RND, Ahmed Ouyahia. M. Djamel Ould Abbes ne voit pas la chose sous le même angle. Impossible que l’Algérie soit à ce niveau de la faillite, estimera-t-il lors de son récent passage sur la chaine TV El Bilad juste après le passage la veille de M. Ouyahia, soutenant qu’on pouvait payer les salaires fonctionnaires contrairement à ce que disait M. Ouyahia. J’apporte une réponse technique aux déclarations politiques du Premier Ministre, insistera-t-il, prenant soin de tirer une flèche empoisonné sur sa cible, en l’occurrence la poitrine de M. Ouyahia, il ne faut pas laisser croire qu’il est le sauveur qui a pu régler une situation complexe alors que c’est faux, laissera-t-il entendre sur le sujet. L’autre désaccord concerne l’automobile ou le montage automobile pour être précis. L’un, M. Ouyahia estime qu’il faut faire avec les marques actuellement en cours de montage en Algérie, et ne pas ouvrir la porte à d’autres constructeurs automobiles étrangers pour investir dans le créneau. Il défend crânement son option en soutenant qu’il faut éviter de dépenser les devises du pays, puisque tous les composants des véhicules sont importés à coups de devises, seulement le montage se fait en Algérie avec une très faible intégration, du moins pour le moment. M. Ouyahia rappellera également dans ce contexte le cas de la maison Fiat qui devait mettre en place une usine en 1983 et qui a tout abandonné en laissant les lieux comme « refuge pour les pigeons », dira le SG du RND, M. Ouyahia. L’avis de M. Djamel Ould Abbes va dans le sens opposé. Pour ce dernier il faut ouvrir la porte aux constructeurs automobiles étrangers, cela fera baisser les coûts des véhicules, cela cassera le monopole estimera-t-il, ajoutant et « pour ne pas penser autre chose ». Penser quoi ? Le monopole de l’argent est en jeu, bien sûr. Parce que chaque constructeur automobile qui s’installe en Algérie doit avoir des associés locaux dans le cadre de la loi 49/51, et M. Ouyahia semble trouver son compte avec ceux qui sont engagés sur le terrain, pas besoin donc de laisser la porte ouverte à d’autres partenariats dans le juteux créneau du montage automobile. L’argent peut faire la différence lors du rendez-vous des présidentielles de 2019, et chaque parti veut mettre de son côté, à son profit, tous les atouts. A part ces cas de désaccords flagrants, MM. Ouyahia et Ould Abess s’adorent. C’est eux qui le disent lorsqu’ils se jettent des fleurs l’un à l’autre, en temps de paix. Demain, on ne sait pas ce qu’ils vont se jeter l’un à la face de l’autre.              

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