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    Un Emir saoudien en fuite reçu par Bouteflika

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Mouloud M.

    En fuite depuis l’arrestation de son père lors de la purge anticorruption menée, au mois de novembre dernier, dans le Royaume Wahhabite, et qui s’est vu offrir dernièrement l’asile en Iran, l'Emir Turki Ben Mohamed Ben Fahd Ben Abdelaziz Al-Saoud a été reçu ce dimanche 21 janvier par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika…

     L’audience du prince, faussement présenté par la dépêche de l’APS, qui a répercuté l’information, en tant que conseiller du Roi Salmane Ben Abdelaziz, s’est déroulée en présence du Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Comment peut-on présenter un Emir en fuite en tant que conseiller du Roi Salmane ? Peut être qu’on a de la sorte voulu étouffer sur le plan médiatique cette visite qui suscite de nombreuses interrogations. Habitué du palais d’El Mouradia, où il a rencontré le président Bouteflika en 2015, en 2016, en 2017 et en 2018, l’Emir Turki Ben Mohamed Ben Fahd Ben Abdelaziz Al-Saoud, petit neveu du Roi Salmane, est un homme d’affaires prospère (entres autres activités, il est président de la Société des services éducatifs TAALEEM. Il est également vice-président de la Saudi Arabian Amiantit Société, qui a été fondée en 1968 et est basée à Dammam. Avec ses filiales, la société s'est développé dans un groupe industriel diversifié et fabrique et vend des tuyaux et des produits connexes dans le monde entier. Le Groupe comprend 30 usines de système de tuyau de fabrication, 6 sociétés de technologie, 4 fournisseurs de matériaux et 8 approvisionnements d’ingénierie filiale dans un certain nombre de pays à travers le monde. En outre, un vaste réseau de vente et de service répond aux besoins des clients dans plus de 70 de pays). Donc, presque une visite par an du prince saoudien en Algérie durant ces quatre dernières années. Aucun détail n’a été fourni au sujet de ces visites, accompagnées toujours par un même style bref et laconique de l’APS, repris sur un communiqué de la présidence. Mais, si les visites effectuées jusque-là en 2015, 2016 et en 2017 pouvaient passer inaperçu, celle effectuée ce 21 janvier 2018 présente un caractère particulier pour plusieurs raisons, dont le fait que l’Emir se trouve en fuite. Est-il venu à Alger demander une médiation du président Bouteflika auprès des autorités saoudiennes ? C’est la première question qui se pose. Il est très probable, en effet, que l’Emir demande au président Bouteflika de plaider sa cause, et celle de son père Son père (le fils de Mohammed ben Fahd, et qui fait partie des onze princes, quatre ministres et des dizaines d'anciens ministres arrêtés dans le royaume samedi 4 novembre dans le cadre d'une opération de purge), auprès du Roi Salmane Ben Abdelaziz. Car, selon des spécialistes connaisseurs des rouages du Royaume Wahhabite, d’une part l’asile offert à l’Emir par l’Iran augmente les tensions dans la région et pose un sérieux problème au Royaume, et d’autre part l'opinion saoudienne perçoit sa fuite en Iran comme un signe de sa culpabilité dans cette affaire de corruption, même si aucune charge ou soupçon ne pèse ouvertement sur le concerné. 

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