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    Cyber-religiosité : ce pourquoi Med Aïssa est condamné à l’échec

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Ayoub C.

    Inutilement, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aissa a multiplié ces dernières semaines les appels aux imams à mettre à profit les nouvelles technologies et à investir les réseaux sociaux pour lutter contre l'extrémisme et le phénomène sectaires et promouvoir les véritables préceptes de l'Islam. Hélas, ces appels n’ont pas reçu un écho significatif auprès des imams fonctionnaires. Un échec lamentable du ministre à faire entrer les imams dans le monde virtuel des réseaux sociaux, où pullulent justement les apprentis cheikhs, et les chouyoukhs qui ont une réputation bien assise, qui distribuent le hallal et le haram à droite et à gauche aux fidèles internautes. Certains avis estiment qu’ils sont plus de 15 millions d’algériens à suivre de près sur facebook les pages facebook des grands chouyoukhes d’Egypte, du Qatar, de l’Arabie Saoudite et du Moyen-Orient en général, pour avoir des réponses à leurs questions portant sur des aspects religieux. Bien sûr, là où la demande est forte, il y a forcément des parties qui exploitent à mauvais escient cette présence massive sur les réseaux sociaux, notamment facebook en Algérie. Craignant le détournement des esprits des fidèles vers l’extrémisme religieux, comme le veulent certains chouyoukhs, et plus grave encore de simples recruteurs des groupes djihadistes qui exploitent facebook pour renforcer les rangs des terroristes, M. Med Aïssa tente de convaincre les imams algériens de se lancer dans cette bataille loin de la tranquillité de la mosquée, dans un un espace illimité, la toile Internet. Le ministre a, lui-même, donné l’exemple en ouvrant une page facebook, mais il reste bien seul dans ce monde bleu. Les imams, qui ont été trop longtemps confinés dans leur réserve, ne semblent pas entendre les appels de leur ministre. Comment peut-il, en effet, convaincre des imams fonctionnaires d’investir facebook alors qu’ils ne se sentent pas libre de dire tout qu’ils ont en tête. Comment peut-il les convaincre d’ouvrir des pages facebook où tout est permis, alors que nos imams ont peur de dire le moindre mot qui sera jugé non conforme à la pensée du pouvoir en place. Il y a des exemples d’imams qui ont été suspendus de leurs postes pour des prêches considérés comme ‘anti pouvoir’. Voilà pourquoi les appels de M. Med Aïssa à investir facebook ont connu un échec cuisant.  Bâillonnés par ce même ministre, les imams ne croient pas qu’ils peuvent s’en sortir sur facebook lorsqu’ils seront en contact avec toutes les questions complexes, imaginables et inimaginables. Ils ont peur de tomber dans le piège des réponses qui ne plairaient pas à la tutelle, et ils ont bien raison. Les imams doivent être libérés des contraintes du contrôle du discours religieux avant de les appeler à investir facebook, parce que réellement la société algérienne a besoin d'un discours religieux modéré. Conscient de cet échec, M. Med Aïssa a changé de ton à son appel en exigeant (presque) des imams d’ouvrir des pages au nom des mosquées pour servir de "rempart" face au discours de haine, au port d'armes, de division, de sectarisme et d'athéisme ciblant les Algériens de façon méthodique et sous différentes formes", le ministre a appelé les imams à "diffuser des prêches et des avis unifiés sur les questions qui concerne la nation". La tendance ou la dimension de l’appel n’est plus, dès lors, religieuse mais administrative. L’appel n’est plus religieux mais politique car le ministre des Affaires religieuses a mis en garde contre "les campagnes sectaires et mouvements athéistes qui  tentent de remettre en cause la Guerre de libération et ses symboles, l'indépendance, les réalisations et décisions de l'Etat". De la sauvegarde du chapitre religieux le ministre est passé à tout autre chose, aux choses terre à terre. Et là, c’est toute la crédibilité, ou ce qui en reste, aux imams, qui va s’évaporer.  

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