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    Ouyahia cafouille à Kigali

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Ayoub C.

    Dans la capitale du Rwanda, Kigali, où le premier ministre Ahmed Ouyahia assiste en tant que représentant du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, au sommet extraordinaire de l'Union africaine (UA), a exprimé franchement la grande peur de l’Algérie de la migration clandestine. Un sommet extraordinaire qui a été consacré au lancement officiel de la Zone de libre échange continentale (ZLEC), dont l’accord devrait être signé par la quarantaine de chefs d’Etat présents à ce sommet. M. Ouyahia devait, ainsi, en toute logique signer cet accord mais il surprendra tout son monde en s’excusant de reporter la paraphe de cet accord. Peut être qu’Ouyahia, lui-même, a été surpris par ce revirement de situation, puisqu’il s’est rendu à Kigali, selon toute vraisemblance, avec la consigne de signer l’accord en question. L’agence de presse officielle APS aurait-elle, encore, commis une bourde en annonçant en milieu de journée de ce mercredi 21 mars que le Premier ministre, Ahmed Ouyahia a signé l’accord établissant la Zone de libre- échange continentale (ZLEC) et le protocole instituant la Communauté économique africaine, relatif à la libre circulation des personnes ? En tout cas, tout dans le discours d’Ouyahia, prononcé dans la journée de ce mercredi 21 mars, versait dans le sens d’une signature de cet accord, sans aucun doute. Le Premier ministre algérien relèvera, en effet, dans son discours que les contraintes régionales et nationales « n'atténuent en rien l'enthousiasme de mon pays à être un signataire original des documents relatifs à la Zone de libre échange continentale et à la libération de l'accès au marché de transport aérien en Afrique ». Plus loin encore, il dira que l'Algérie "a toujours été un pionnier et un bâtisseur actif de l'unité et de l'intégration du continent africain". Mais, en total décalage avec son discours, le Premier ministre a fait savoir, dans une déclaration à la presse en marge de ce sommet, que "l'Algérie a reporté la signature du Protocole de libre circulation des personnes pour ne pas ouvrir la voie à la migration clandestine, même si elle s'est engagée à aider les réfugiés se trouvant sur ses territoires, pour des considérations humanitaires". Il a indiqué, en outre, que "l'intégration maghrébine, pas encore concrétisée pour des raisons que tout un chacun connait, peut s'insérer dans la complémentarité africaine". Estimant, tout au plus, que la création d'une zone africaine de libre échange "véhicule un message d'espoir pour le développement de l'économie nationale". Cette position aurait certainement des conséquences sur les relations de l’Algérie avec les pays africains, notamment sur le plan de la circulation des personnes et des liens économiques, intimement liés l’un à l’autre. En tout cas, l’Algérie se désengage dangereusement de ses liens avec l’Afrique. L’exemple récent de sa non participation à la force commune de lutte contre le terrorisme au Sahel, et aujourd’hui avec ce faux bond de la non signature de cet accord de la Zone de libre échange continentale (ZLEC), l’Algérie se met out de l’Afrique.   

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