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    Mobilisation contre un 5e mandat de Bouteflika : un remake des mouvements qui ont fait faillite contre le 4e mandat, le 3e, le 2e et le 1er mandat ?

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Amine T

    Dans un remake des mouvements nés à la suite de la décision de Bouteflika de briguer un 4e mandat, en 2014, des intellectuels et des politiques ont signé une lettre le samedi 26 mai 2018 demandant au président algérien de renoncer à un 5e mandat. On retrouve, donc, parmi les signataires de la lettre plusieurs personnalités qui se sont opposés au 4e mandat, à l’image d’Ahmed Benbitour, ancien chef du gouvernement passé dans l'opposition avec fracas dans le sillage d’une démission de son poste, Soufiane Djilali, président du jeune parti d'opposition Jil Jadid (Nouvelle génération) et Amira Bouraoui, militante à l'origine du mouvement Barakat (Ça suffit!) qui a fait parler de lui en 2014 en incarnant l'opposition à un 4e mandat du président Bouteflika, ainsi que l'écrivain Yasmina Khadra, l'universitaire Fatiha Benabbou, le sociologue Nacer Djabi, qui avaient également milité contre un 4e mandat pour M. Bouteflika, en poste depuis 1999. Faut-il encore rappeler que ces mouvements d’opposition à la candidature de Bouteflika, qui ont commencé en réalité dès le premier mandat, en 1999, lorsque tous les candidats qui étaient se sont retirés ensemble laissant la candidat Bouteflika tout seul sur la scène, n’ont jamais eu aucune influence sur la décision de Bouteflika, qui a toujours bravé les bruits de ses opposants politiques pour se fier aux appels de la population qui le poussent à se présenter à chaque fois à la présidentielle. Avant chaque rendez-vous électoral, Bouteflika reste à l’écoute de ses relais dans les comités de soutien, avant de décider sur la base des appels qui émanent de la base, à l’enseigne de ces 700 000 signatures de militants du FLN, mis sur la table tout récemment par Djamel Ould Abbes, et qui appellent de leurs vœux le président Bouteflika pour continuer sa mission à la tête de la magistrature suprême. C’est toujours ainsi, tant qu’il y a de la résistance au sein de l’opposition politique, le président Bouteflika prend la vague de ses vastes réseaux de soutien pour noyer tout le ghota politique national. Qu’espèrent-t-ils, donc, les signataires de cette lettre, en interpellant le président Bouteflika d’opter « en faveur de la seule et unique décision qui puisse ouvrir une ère nouvelle pour le pays, où l'intérêt général sera mis au-dessus de l'intérêt des hommes : votre renoncement au cinquième mandat! », écrivent-ils. Bien sûr, le ton de la cette lettre ne peut jamais être accepté par le président Bouteflika, puisque les visions sont à l’opposé l’une de l’autre. Bouteflika estime que personne ne peut nier toutes les réalisations durant les quatre mandats passée à la tête de la présidence, alors que les signataires voient tout à fait le contraire, comme ils le disent clairement dans leur lettre, en s’adressant au président Bouteflika, que "les résultats de la politique qui a été menée sous votre parrainage sont, à tout le moins, loin de répondre aux attentes légitimes des Algériens. Votre long règne sur le pays a fini par créer un régime politique qui ne peut répondre aux normes modernes de l'Etat de droit". "Votre âge avancé et votre dramatique état de santé vous commandent de ne plus vous occuper des charges de l'Etat bien trop lourdes. A n'en pas douter, un autre mandat, serait un calvaire pour vous et pour le pays", considèrent-ils encore. Un prêche dans le désert d’une opposition qui n’apprend pas ses leçons ? Cela en a tout l’air car fraude ou pas, l’histoire a montré que la seule opposition passe, doit passer, par les urnes. Au lieu d’interpeller Bouteflika pour qu’il renonce à se présenter à 5e mandat, l’opposition n’aurait-elle pas mieux fait d’éviter ces comportements stériles en allant vers les électeurs pour les convaincre de voter pour son candidat, s’il y en a un qui fait le poids ?   

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