Aujourd'hui le :
    A+ A A-

    Les défauts du tourisme algérien

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Amine T

    "Plus de 326.000 touristes ont été recensés dans les régions du sud durant la saison touristique saharienne 2017/2018, dont 250.000 touristes étrangers, contre 170.000 recensés lors de la saison 2016-2017", a indiqué le directeur général du tourisme, Zoubir Sofiane. Des chiffres insignifiant quand nos voisins exhibent des statistiques en millions de touristes. Des chiffres insignifiants au regard de ce qui est offert comme nature sublime aux touristes, comme vue imprenable et décor lunaire fascinant. Un américain qui a visité le sud algérien a confié qu’il y a une ressemblance étonnante entre le sud algérien et le sud américain, la seule différence, disait-il, c’est que le sud algérien est resté vierge, en d’autres termes il n’a pas été touché par la main de l’homme comme en Amérique où des villes gigantesque ont été érigées en plein milieu du désert. Le tourisme dans les wilayas du sud, le tourisme en Algérie, est malade du pétrole qui y regorge dans ces régions sahariennes. Nos voisins n’ont pas de pétrole, c’est pour cela qu’ils ont développé ce secteur pour canaliser les rentrées en devises dans leurs pays et créer des emplois, notamment durant la haute saison estivale. Le tourisme algérien ne se porte pas bien, on le sait et on tente maladroitement de le mettre sur rail. On reste encore coincé sur des stéréotypes qui ne font pas avancer les choses. On attend encore que le ministre du tourisme vienne dicter ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire pour sortir la tête des sables. Alors que cette tutelle ne doit pas s’immiscer dans la gestion des affaires touristiques. C’est le privé, national et étranger, qui doit et qui peut faire décoller le tourisme en Algérie.

    Les grincements de dents commencent là, pas facile d’obtenir le visa d’entrée en Algérie

    Les autorités doivent seulement donner des instructions à nos ambassades à l’étranger pour délivrer les visas aux touristes étrangers rapidement. Car, un touriste qui se trouve confronté à des complications inexplicables lorsqu’il dépose sa demande de visa n’a que faire de ce pays, il change immédiatement d’orientation pour aller chez ceux qui l’accueillent à bras ouverts, où la réponse à sa demande lui est remise sur un plateau, avec beaucoup de considération. Après la réaction des grandes chancelleries à Alger, qui ont exprimé à l’unanimité leur irritation face aux difficultés que rencontrent leurs ressortissants pour avoir le visa lorsqu’ils souhaitent se rendre à Alger pour une quelconque mission, arrivant parfois jusqu’au seuil de l’incident diplomatique, les opérateurs algériens du secteur du tourisme dans les wilayas du sud ont gentiment appelé à réduire la durée d'étude des demandes de visas pour les touristes étrangers, en sus de procéder à la sécurisation des circuits et mettre à niveau la ressource humaine activant dans le secteur, lors d'une rencontre qui les a réuni avec le ministre du Tourisme et de l'artisanat, Abdelkader Benmessaoud, dans le cadre de la préparation de la saison du tourisme saharien. Les intervenants n’ont pas manqué de saluer les mesures récemment prises par l'Etat pour promouvoir la destination du sud, tout en réduisant les prix des billets d'avion et des hôtels, mais des réductions en faveur de qui (?) lorsque les visas ne sont pas accorées aux touristes étrangers, ou difficilement accordées aux demandeurs. Non, rien ne peut marcher sans régler cette affaire de visa pour les étrangers qui laissent croire aux observateurs que « l’Algérie gouverne à huis clos ! ». Les étrangers ne manquent aucune occasion pour critiquer les lenteurs dans les études des dossiers des demandeurs de visas par les ambassades établies à Alger, mais ils ignorent que si ces pays appliquaient la réciprocité, très peu d’algériens peuvent avoir le visa Schengen.

    Mentalité déformée, absence de stratégie marketing…un plan Marshal pour remettre debout le tourisme algérien

    Et, on n’a pas encore parlé de mentalité repoussante des algériens, qui font fuir les touristes au lieu de leur assurer le confort, ainsi que l’absence de toute stratégie de markéting et le manque de formation du personnel dans ce domaine, cette autre mentalité qui fait que tous veulent être des chefs et aucun serveur dans la salle ! Le Directeur Général de la chaine hôtelière Novotel, confiait un diplomate français lors d’une rencontre avec les hommes d’affaires algériens, s’est étonné lorsqu’il a constaté que les jeunes algériens refusent de travailler dans les postes de serveurs, alors que lui-même a commencé dans ce poste avant de gravir les échelons. Mais, il ne sait pas qu’ici en Algérie, les promotions n’obéissent à aucune logique, et on n’a qu’à jeter un œil dans les minces dossiers des cadres qui sont montés en grades dans ce secteur pour s’en assurer. Enfin, notons que nos opérateurs sont tombés bas lorsqu’ils ont proposé au ministre du tourisme, dans le cadre de la rencontre en question, l'organisation d'un concours de la meilleure wilaya touristique du sud et l'organisation annuelle d'un Salon du tourisme pour les régions du sud. Encore un Salon, un concours, et puis quoi encore ? Un peu de sérieux, laissons de côté ces Salons et ces concours, ces « chkhachakhs », comme on le dit si bien chez nous, il faut travailler durement pour remettre à sa bonne place la destination Algérie, chose qui n’est pas du tout facile avec la rude concurrence des marocains et tunisiens. Il faut un plan Marshal pour redresser la situation. Les conventions signées avec Air Algérie pour baisser les prix de 40% et autre baisse des prix des séjours aux hôtels, ce n’est pas ce qui va booster le tourisme. Qu’on ne se trompe pas, encore une fois, sur ce registre.

    Connexion ou Créer un compte