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    Jeunes algériens, présent en panne et avenir incertain !

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Mayassa H-Khoudja

    Dans notre société, la jeunesse fait-elle vraiment l’objet d’une bonne attention de la part des politiques ? Est-elle bien orientée ou tout juste accompagnée afin de ne pas déborder ?

    M-Harouche, Conseiller de la jeunesse, explique clairement que la jeunesse est pratiquement sacrifiée à des fins douteuses. La majorité des jeunes de moins de 25 ans ont développé une méfiance, un mal être et un dégoût permanent face au manque de confiance qui s’est installé dans les mœurs. Les jeunes se sentent  constamment contraint à s’affirmer face à une politique rigide et imposé. Il ne faut donc pas s’étonner de se retrouver avec une jeunesse moins positive, peu confiante, à qui on a imposé une dépendance handicapante. Après plus de 27 ans d’expérience en tant que conseiller de la jeunesse à Ghardaïa, une société dotée d’un régime très ‘‘instructionnel’’, j’ai déduis  que mon rôle a été tout sauf conseiller ! l’identité du jeune est tracée d‘avance. C’est comme une destinée, on doit s’y plier et sans commentaire .

    Interrogé sur le sujet, M-Dahmani ancien Athlète, détenteurs de plusieurs titres nationaux et internationaux, actuellement éducateur et formateur sportif à son compte dans un quartier défavorisé dans la banlieue d’Alger insiste sur l’optimisme que porte chaque jeune au fond de lui. Les jeunes ne se sentent pas tous sacrifiés et perdus. Certains se montrent très  confiants.

    Il convient de distinguer qu’on a une jeunesse porteuses de  diplômes et donc d’espoir .Même contraint de vivre des situations d’exclusion sociale, les jeunes  réussissent à percer et à réaliser leurs rêves .Le calvaire d’être marginalisés, on l’a tous connue. Moi personnellement j’en ai affreusement souffert, cela ne m’a pas empêché d’être champion ! Je suis contre toute vision négative, voire caricaturale qui pourrait déstabiliser les projets destinés à promouvoir la jeunesse. Le système à failli quelques part, je le sais,  mais Il ne faut pas en faire un drame.

     Une jeunesse même strictement encadrés débordera s’il y a excès de manipulation ou de mobilisation malsaine .La jeunesse Algérienne est dangereusement consciente .Nous déclare D-Baloul, membre fondateur de RAJ .Rassemblement Action Jeunesse ,une association nationale politiquement très active .La jeunesse actuelle , soit on la protège, soit on s'en protège estime-t-il . Le discours de la crise déversé par certaines tribunes ne fera qu’accentuer l’obstination des jeunes à ne pas croire aux promesses de l’état .Les jeunes doutent et perdent confiance très vite. Les comportements supposés violents d'une partie d’entre eux telle que l’immigration clandestine et les suicides qui sont forte heureusement rares, ne sont que des signes d’un éventuel déchaînement qui pourrait s’annoncer très grave, d’aprés D-Baloul.

    Contacté , D-Khider Docteur en Sociologie ,affirme que la prospérité du phénomène du refus de tout ce qui est « Doula  » , se référant au langage des jeunes , se situent au niveau social .c’est dans des sociétés soumises à des conditions sociopolitiques alliant le délaissement économique à la permissivité juridique des pouvoirs en place ou la complicité de ce dernier qui permet l’évolution d’une haine envers tout ce qui représente le pouvoir en place .La défaillance politique , l’incompétence du système  ne sont pas les seuls facteurs propulseurs de ce phénomène .A la mal-vie matérielle et existentielle s’ajoute la belle vie affichée d’une classe dite VIP de la société !! Le coup d’envoi est donné. La revanche est impitoyable. Des jeunes aux carences psychologiques, sociales  et intellectuelles à la recherche d’une  solution miracle à leurs quotidiens s’acharnent sur tout ce qui représente l’état . 

    La majorité de la jeunesse est écrasée par les problèmes, droguée par un quotidien béat,  croulant sous une négligence bien orchestré. Ce n’est pas avec une politique de jeunesse improvisée qu’on réussira à régler le problème. Le Ministre de la jeunesse et du sport M. Mohammed Hatab l’avait bien dit, ce n’est pas avec du folklore qu’on réussira à combler la passion dévorante des jeunes, a rappelé la sociologue.

    Encore moins avec les danseuses de ‘Dar Dzair’ qui déambulent chaque soir au complexe du 5 juillet. Elles ne réussiront pas à dissuader un groupe de jeunes désespérés à tenter la harga en prenant le large pour une vie supposée meilleure. À l’échelle des valeurs, certaines situations sont plus importants que d’autres .Il faut savoir faire face à une jeunesse exigeante, qui ne  croit plus aux promesses et aux joutes oratoires . Il faut être flamboyant et enflammer un auditoire jeune qui sait se rendre compte quand on lui raconte n’importe quoi.

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