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    Vacances d'été, la galère pour les uns et les plaisirs pour d’autres

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Mayassa H-Khoudja

    Ceux qui ont les moyens ont déjà plié bagages et sont partis à l’étranger. Pour les autres, la majorité, notamment les jeunes aux moyens limités, c’est l’improvisation. Coincés dans les quartiers d’Alger ils essayent d’échapper à l’ennui. Les vacances nécessitent un certain budget et ils l’ont bien compris.

    Amine, 25 ans chômeur, nous donne sa version des vacances. Pour moi c’est juste tuer le temps, se débrouiller pour ne pas céder au dégoût de la routine dans mon quartier, les vacances ne se planifie pas. C’est au jour le jour. On essaye  d’innover trouver des solutions. C’est à dire des endroits pas trop chers. Si pour certains, la saison estivale est synonyme de voyages à l’étranger, les choses sont totalement différentes pour nous!

    Tout comme Amine, ils sont nombreux ceux qui sont dans la même situation. Serviette sur l’épaule, déambulant à deux ou à plusieurs, ils cherchent une bouffé d’oxygène pour se reposer et se détendre.

    Pour Ranya et ses copines, les vacances d’été qui devraient être une période  de relaxe et de liberté, sont plutôt une galère. L’été est synonyme bien fréquentées et c’est l’avis de tout le monde je pense .Je préfère aller à la piscine  avec mes copines .Elles sont certes bondés, ce qui est quelque peu désagréable, mais, au moins, on a la paix.

    Non loin de la place Audin, les jeunes du quartier rue de Mulhouse, pour se divertir et s’amuser, s’organisent en petit groupe. Ils optent pour la location d’un minibus à 8000 da destination, plages isolées de Dellys. Hamid et Lyes nous expliquent que les belles plages accessibles et les endroits branchés sont devenus trop cher. Entre le parasol, la table, la nourriture….. Un budget un peu lourd pour des jeunes généralement sans-emplois fixe .En plus c’est trop peuplé, ce n’est pas intéressant. Dellys, c’est calme et agréable, on est très à l’aise quoi .Insiste à nous persuader Hamid.

    Et qui dit vacances dit dépenses. Et qui dit dépenses par le temps qui court dit bien évidemment  rationalisation. Entre le luxe, le modeste ou le basique, les destinations diffèrent selon les petits revenus des jeunes  bien sûr .Moi par exemple nous dit Madjid, un jeune de 28 ans employé dans une administration, je compte me payer une semaine à Tigzirt pas plus ! Pour ceux qui ont le portefeuille bien garni les destinations sont différentes, nous lance son copain Hakim, un veilleur de nuit dans une société privée .Ce n’est pas avec un salaire 27000 da  que je vais me payer un voyage aux Maldives ajoutera t-il moqueur.

    Que ne faudrait-il pas faire pour s’offrir quelques jours de vacances pour ces jeunes .ça relève de l’exploit de vouloir matérialiser ce qui prend des allures de rêve. Echapper au quotidien ne serait-ce que quelques jours, Pour des vacances dans un lieu qui vaut le coup et surtout à la portée des jeunes  est devenu si difficile.

    Je n’ai guère le choix que de me rabattre sur quelques destinations classiques, Cherchell et Tipaza pour la journée et Tichiy et Melbou pour les week end .Explique Farid, président d’un comité de quartier à Bab el Oued .On se débrouille comme on peut. Heureusement que les autorités locales sont là pour nous aider et mettre à notre disposition un transport.

    Cotiser, offre la solution de rechange idéale pour certains jeunes . Encore faudrait-il arriver à se dégotter un petit appartement où tout au moins un studio à louer uniquement pour garçons. Un groupe d’étudiant en Biologie en font une tradition .Ils cotisent durant toutes l’année  pour s’offrir une quinzaine de jours dans un appartement à proximité de la plage mythique de Port-Say.Mersa Ben Mhidi .C’est pas sorcier explique Anis, le chef du groupe, il suffit d’être d’accord sur un principe, les bons comptes font les bons amis !

    Pour les fans des compétitions des plongeons, les plages rocheuses sont l’endroit idéal. Durant l’été, les rochers sont nos endroits préférés, nous dira Nazim un adolescent de 15 ans. Les lieux sont magnifiques et nous pouvons faire des plongeons à volonté du haut des rochers, ajoute-t-il.

    En dépit du danger permanent présent au niveau de ces plages, les baigneurs ne manquent pas de s’y rendre, mettant ainsi leur vie et celle de leurs enfants en péril. Malik Chergui, un agent de la protection civile nous affirme que le nombre de baigneurs qui fréquentent le rivage rocheux de l’Algérois est impressionnant. On a déjà enregistré d’ores et déjà les premières victimes de la saison.

    Sirotant, une tasse de thé ,Tahar un père de famille nous avoue que malgré la baignade interdite , il prend le risque de fréquenter les plages d’Alger .je n’ai pas les moyens de les emmener ailleurs j’habite le quartier de Zghara et ces plages m’arrangent .je n’ai rien à payer ,ni parking ,ni parasol ni tables ni chaises .Beaucoup de ouled el houma nagent ici .On est des habitués des lieux.

    Voilà comment la majorité des jeunes de l’Algérois s'y prennent pour passer quelques jours de vacances .Ils n’ont pas de voiture rutilantes à exhiber  ni copines en bikini à accompagner à club des pins ou aux abords des piscines du Hilton et du Sheraton. Leur seul soucis est de passer quelques temps en paix .Histoire de faire trempette et de rentrer le soir bien bronzé chez soi.

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