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    Algérie – France : Jusqu’où peut aller Macron dans le travail de la mémoire ?

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Ayoub C.

    Après les aveux sur « les crimes contre l’humanité »  du colonialisme », l’accord donné pour la restitution des crânes des résistants algériens  et l’hommage à Maurice Audin, mort sous la torture et victime "du système institué alors en Algérie par la France", selon les mots du président de la République Française, Macron semble prendre une vitesse grand ‘V’ dans le couloir de l’histoire commune entre l’Algérie et la France. Contrairement aux autorités algériennes, qui ne semblent plus pressées dans leurs réclamations sur les crimes commis en Algérie par la France coloniale et les excuses que doit présenter la France. Ainsi, le président français Emmanuel Macron a décidé d'honorer les harkis, ces anciens combattants algériens ayant servi aux côtés de l'armée française durant la guerre d'Algérie (1954-1962). Des honneurs qui interviennent à la veille de la célébration de la Journée nationale d'hommage aux harkis, le 25 septembre. Par décret paru au Journal officiel de vendredi 21 septembre 2018, six anciens combattants harkis et la cofondatrice d'une association de harkis sont promus au grade de chevalier de la Légion d'honneur, la distinction la plus prestigieuse décernée par l'Etat. Quatre personnes sont promues au grade d'officier de l'ordre national du Mérite et quinze autres au grade de chevalier du même ordre, majoritairement représentantes d'associations ou fédération. Selon certains historiens, quelque 60.000 des Algériens recrutés comme auxiliaires de l'armée française avaient été admis en France après les accords de paix, alors que d’autres, entre 55.000 et 75.000, avaient été abandonnés et victimes de représailles de la part des algériens. En tout cas, même ceux qui ont rejoint la France n’ont pas connu meilleure sort, ayant été rejetés par les autorités françaises de l’époque et ayant dû souffrir dans la misère des bidonvilles. Reste maintenant à satisfaire la demande insistante des harkis de vouloir revenir en Algérie. mais, la satisfaction de cette demande là n’est pas entre les mains du président français, car la décision est entre les mains des autorités algériennes. Ces mêmes autorités auxquelles M. Macron avait demandé, lors de sa virée au mois de décembre à Alger, de faire « un geste courageux » envers ces harkis en leur accordant le visa pour pouvoir se rendre librement en Algérie. Reste encore ces archives que le président français avait accepté d’ouvrir, mais qui ne semble pas s’ouvrir aussi facilement qu’on puisse l’imaginer. Dans ces archives il y a beaucoup de sales et pénibles secrets qui peuvent encore nuire, plus d’un demi-siècle après les faits, à tant de monde des deux côtés de la Méditerranée. La mémoire n’est pas facile à défricher mais il faut avoir le courage de le faire. Et, alors qu’on s’attendrait à un apaisement des passions, c’est dans ces moments particuliers que des voix, en Algérie et en France, tentent par tous les moyens de créer la zizanie dans les relations entre les deux pays. Logique que le rapprochement entre les deux pays n’arrangent pas les affaires de certaines parties qui préfèrent nager dans les eaux troubles.  

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