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    Développement des zones frontalières : le gouvernement devrait réviser sa géographie

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Amine T

    A voir de près cette action bienveillante du gouvernement en faveur du développement des régions frontalières, consacrant une batterie de nouvelles mesures visant à promouvoir les investissements et les exportations dans ces régions, on se trouve désorienté dans notre espace géographique. L’Algérie n’a-t-elle que des frontières au Sud du pays ? Oui, si l’on considère que ces bonnes actions qu’on compte initier dans ces zones oubliées se trouvent exclusivement orientées vers le Sud, même si cela arrive, déjà, un peu en retard (il n’est jamais trop tard pour bien faire). Toutes les mesures en question sont orientées vers les zones frontalières du Sud, comme si au Nord c’est le Pérou !? Selon les déclarations de membres du gouvernement, on prévoit la relance des manifestations économiques et des expositions, dans les wilayas frontalières du Mouggar (Tindouf) et d'Assihar (Tamanrasset), le salon des produits agricoles (El Oued) et le salon des dattes (Béchar et Adrar), avec le soutien financier de l’Etat pour couvrir tous leurs frais et leur conférant un caractère internationale. On parle également de 1500 projets touristiques consacrés aux wilayas du Sud, et de pleins d’autres initiatives qui requièrent un engagement solidaire des élus et des opérateurs économiques privés et publics. Selon le ministre de l’Intérieur, Bedoui, c’est le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui a consacré "un programme spécial de développement" en faveur des wilayas frontalières, un programme qui sera financé par le "Fonds de Développement des régions du Sud et la Caisse de solidarité et de garantie des collectivités locales". Et les régions frontalières du Nord, dans tout ça ? Rien. Les habitants de Tebessa et Maghnia, pour ne citer que ces deux villes frontalières au Nord du pays, continueront de souffrir des affres du sous développement et du chômage. Dans ces localités, il existe des coins où les habitants vivent à l’âge de pierre, sans électricité, sans et sans eau. Dans ces localités, les gens ne vivent que de la contrebande et de trafics en tous genres. Et, pourtant, le gouvernement n’a pas pensé à leur consacrer les mêmes mesures de soutien au développement. On parle bien de zones frontalières algériennes, pourquoi alors pratique-t-on cette politique de borgnes ? Les habitants des zones frontalières du Sud dérangent avec leurs mouvements de contestation incessants, et ceux du Nord ne disent rien, à part quelques cris de détresse lancés dans les médias. On arrive à croire que les réactions à petites échelles sont les mêmes sur grande échelle. Le responsable à l’échelle de la commune qui réagit aux préoccupations citoyennes uniquement quand il y a des manifestants qui bloquent les routes ne diffère pas dans ses réactions des hauts responsables, qui bougent, eux également, avec l’idée d’étouffer la contestation, ou faire de ces populations du Sud un premier rempart contre toute tentative qui viserait la sécurité du pays, et non pas pour accomplir une mission naturelle, publique. En tout cas, cette attention du gouvernement envers les régions frontalières du Sud, qui est très louable, doit être accompagnée d’un élan qui touche toutes les zones frontalières, au Sud et au Nord du pays. La leçon de géographie révisée le confirme. Sinon, le déséquilibre restera toujours menaçant.      

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