Aujourd'hui le :
    A+ A A-

    L’Algérie rachète aux enchères un lot de lettres manuscrites de l'Emir Abdelkader, un marché de dupes ?

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Mouloud M

    Deux ministères, la Culture et les affaires étrangères, ainsi que l’ambassade d’Algérie à Paris, ont coordonné à trois leurs actions pour racheter un lot de lettres manuscrites de l'Emir Abdelkader et d'autres le concernant, dont des lettres écrites par le père de l'Emir et par Ahmed Bey, datant du 19e siècle, selon ce qui a été rendu public par l'ambassade d'Algérie en France à travers l’Agence officielle APS. Le prix de ce lot, qui comporte des lettres écrites en langue arabe, accompagnées de traduction, signées et portant le sceau de l'Emir Abdelkader, et qui était mis en vente aux enchères par l'Hôtel Drouot à Paris, n’a pas été divulgué. On ne dit pas d’où viennent ces manuscrits, ni qui en est le propriétaire. Trop de flou qui suscite le doute. L’Algérie doit récupérer ses archives sans payer un centime, dans le cadre d’accords entre les deux pays, l’Algérie et la France, des accords qui existent et qu’on est sur la voie de la récupération de ces archives. L’Emir Abdelkader étant un pan de l’histoire de l’Algérie, rien de ce qui lui appartenait ne pouvait faire marchandise dans une vente aux enchères publiques. On revient encore dans ce contexte sur l’identité non révélé du  (ou des) propriétaire(s) de ce de manuscrits de l’Emir Abdelkader, parce que seuls ses proches descendants pourraient avoir le droit de vendre ces manuscrits, et ils ne le feraient pas parce que tout simplement tout « trésor » national est inestimable, placé moralement hors catégorie de prix. Les soupçons sont plus renforcés quand on essaie de faire passer cette opération pour quelque de sacré, dont personne ne peut faire d’objection. On n’a pas manqué, en effet, de donner un trait de trop à cette opération, une précision chape de plomb, en considérant qu’elle "relève de la souveraineté nationale et s'inscrit dans le cadre des instructions du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, pour la récupération des archives et la facilitation des travaux de recherche des historiens". « Souveraineté nationale » et « instructions du président Bouteflika », des formules utilisées pour la précision comme rempart contre toute objection, ou même une moindre interrogation, à porter sur l’opération de rachat de ces documents. L’Etat algérien ne devait pas prendre l’initiative du rachat de ces documents manuscrits puisqu’il va puiser dans les deniers publics, en euros, pour racheter aux enchères publiques des manuscrits, des enchères qui peuvent monter en flèches, qu’on peut faire monter en flèche à volonté, en surenchérissant sur les propositions des acheteurs, si le propriétaire venait à découvrir tout l’intérêt de ces manuscrits, non pas pour quelques riches collectionneurs, mais pour un Etat dans toute sa dimension. Il est, en tout cas, tout simplement, d’une gravité incommensurable que des documents jugés de souveraineté nationale soient mis en vente aux enchères, en France ?      

    Connexion ou Créer un compte