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    Désobéissance civile: deux dates consignées dans l’histoire de l’Algérie, 1957 et 1991, avec quelles affinités en 2019 ?

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Mouloud M

    Quels traits de ressemblance ou de différence existent-ils entre les appels anonymes à la ‘désobéissance civile’ à partir du 10 mars, pris très au sérieux par les citoyens et les autorités du pays, et la grève insurrectionnelle de juin 1991 à laquelle avait appelé l’ex. FIS, le parti dissout, dans le sillage des ces évènements qui ont marqué la première action de désobéissance civile engagée dans l’Algérie indépendante, puisque une autre grève du même genre, de 8 jours, avait été lancée par le FLN historique, en 1957, lors de la guerre de libération nationale ? En 1991, la situation ne présente pas trop de similitudes avec ce que vit l’Algérie en 2019, 28 ans après. En ce temps là, la grève générale avait été suivie par les sympathisants et les partisans du FIS, soit un taux de participation de 25 %. Une action qui a fait tomber le gouvernement, avec à sa tête M. Mouloud Hamrouche et à l’intervention musclée de l’armée. Dans le temps, il y avait également Feu Abdelhak Benhamouda, SG de l’Ugta, qui avait joué un rôle capitale dans la neutralisation du Syndicat Islamique du Salut, très actif au sein des travailleurs et chargé de ce fait de mettre en application cette décision de grève générale. Une désobéissance civile qui avait mené le pays tout droit au bord du gouffre. Car, c’était le début d’une grave crise politique qui avait conduit à l’arrestation des chouyoukhs de l’ex. FIS, Abassi Madani et Ali Benhadj, puis à la dissolution de ce parti par décision de justice, jamais remise depuis. Aujourd’hui, en 2019, la désobéissance civile n’a pas de lien de parenté identifiable autre que des adresses anonymes facebook. Personne, ni aucun parti ne revendique ouvertement ce mouvement insurrectionnel. Aujourd’hui, l’Ugta n’a pas un Abdelhak Benhamouda à sa tête, mais un Sidi Saïd, plutôt inscrit dans le clientélisme que dans une véritable lutte syndicale. Et, bien sûr, personne ne peut dire sur quoi cela va déboucher, puisqu’il faut attendre pour voir. Attendre pour voir, en premier lieu, si l’adhésion sera importante ou négligeable. De toute évidence, si cette désobéissance civile reflèterait l’adhésion des citoyens aux manifestations contre un 5e mandat à Bouteflika, elle constituera un tournant décisif dans la suite des évènements.          

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