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    Algérie : l’histoire s’accélère

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Mouloud M

    Transition politique et démocratique, justice transitionnelle, puis viendra l’inévitable transitions socioéconomiques, ce sont là quelques échantillons des enchaînements accélérés de l’histoire, la nouvelle histoire de l’Algérie, écrite dans une phase relativement très courte dans la vie d’un état, une quarantaine de jours qui ont ébranlé les fondements de la République des copains. Des chercheurs, des experts, des analystes, tout le monde s’y met, déjà, pour décortiquer les revendications des Algériens exprimées par le mouvement populaire, et tenter de leur apporter des réponses plus ou moins conformes à la réalité. Des bouleversements immenses sont attendues, tellement immenses qu’on ne pourrait en mesurer l’ampleur dans l’immédiat, même si on peut prévoir un bel avenir pour ce pays qui a longtemps souffert des affres du colonialisme puis de la spoliation de ses droits par ses propres gouvernants depuis l’indépendance.

                                                  Transition politique et démocratique

    C’est l’incertitude qui plane sur cet aspect du développement des évènements qui se précipitent sur la scène nationale. La grande inconnue reste le « Hirak », va-t-il se satisfaire de ce résultat qui a abouti à la démission de l’ex. président Bouteflika ? Certainement que non, car le mouvement populaire revendique la fin du système politique, qui ne peut se concrétiser qu’avec le départ de tout le monde, y compris le gouvernement et tout le personnel politico-administratif, pas seulement au niveau central mais à travers toutes les wilayas. Le « Hirak », dont on ne sait pas qui le fait bouger, et qui reste de ce point de vue une énigme à éclaircir, va se prolonger dans le temps, pour « dégommer » les responsables, tous les responsables installés par l’ex. président Bouteflika, y compris les walis et les chefs de daïras, dont le tour est proche pour faire l’objet direct des revendications du « Hirak ». Alors que la chute des Assemblées nationales et locales est évidente dès l’élection et l’installation d’un nouveau président de la République, au bout de trois mois selon les termes de l’article 102 de la Constitution, ou plus de temps encore si on choisit l’option de la connexion d’une voie Constitutionnelle à la solution politique. Le chemin de la transition politique reste, sans conteste, le plus périlleux et duquel dépendent toutes les autres transitions.

                                                      Justice transitionnelle

    Avant même la démission de l’ex. président Bouteflika, l’Algérie a fait, déjà, du chemin dans cette voie de la justice transitionnelle, en engageant des poursuites judiciaires contre de nombreux hommes d’affaires. C’est un pont entre la justice punitive traditionnelle et le politique et dont l’objet officiel est de cicatriser des meurtrissures du tissu social par l’apaisement des tensions au sein du corps social, presque une boîte à outils pour des thérapies dans différents contextes de transition. Mais la question reste entièrement posée, pourra-t-on réussir à appliquer cette justice transitionnelle maintenant ? On doit dans ce contexte se rappeler l’échec cuisant de cette justice transitionnelle dans les années 90, qui a été noyée par la promulgation des trois lois de « clémence », de « concorde civile » et de « réconciliation » (1995, 1999, 2006). Il y a également le risque de commettre des injustices contre les personnes toutes désignées par la vox populi pour répondre à la question « d’où tu tiens tes richesses ? ». La justice transitionnelle même si elle reste nécessaire pour apaiser les tensions sociales n’est pas moins abject pour ce qu’elle véhicule comme sentiments de vengeance et de rancœur.

                                            Transition socioéconomique

     C’est le volet qui recommande la prise en charge par des spécialistes de haut niveau. Dans un contexte caractérisé par un certain repli de l’économie mondial, l’Algérie qui a vogué dans le flou et l’incertitude depuis son indépendance, en matière de modèle économique à suivre, devrait se réveiller rapidement et mettre en marche une transition économique avec des visions claires. Il y a également à revisiter cette histoire controversée de planche à billets, ou financement conventionnel, à travers lequel on a imprimé 6.556,2 milliards de DA entre la mi-novembre 2017 et fin janvier 2019. Le pays regorge de richesse, certes, mais il faudrait pour les algériens, réapprendre à travailler, surtout.

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