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    Algérie : les manifestants exigent le départ des 3B, mais l’un semble comme un caillou dans les souliers

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Mouloud M

    Abdelaziz Bouteflika, qui aura eu le mérite de concilier le peuple algérien et réveiller en lui le sentiment de l’amour de la patrie, est parti. Mais les manifestations ne s’arrêtent pas. Des millions d’algériens sont sortis, le 5 avril, dans la rue pour le 7 e vendredi consécutifs pour exiger le départ de tous les hommes trompés dans le système Bouteflika, notamment les 3B, comme les appellent le mouvement populaire, Bensalah-Belaïz-Bedoui, respectivement président du Conseil de la nation (Sénat), président du Conseil Constiututionnel et Premier ministre. Les deux premiers sont appelés à diriger la période de transition de 90 jours, alors que le troisième, Bedoui, s’est trouvé propulsé au poste de Premier ministre après le limogeage d’Ouyahia. L’armée, qui se range du côté du peuple, ne peut pas faire grand- chose dans ce cadre, car la Constitution ne lui donne pas ce pouvoir de dégommer les 3B. Que reste-t-il alors à faire ? Les 2B, Bensalah-Belaïz, chargés de la gestion de la période transitoire, peuvent ou doivent déposer leur démission dans les plus brefs délais, puisque c’est l’article 7 de la Constitution qui exige d’eux une telle démarche pour suivre celui qui les a nommés à ces postes, en l’occurrence l’ex. président Bouteflika. mais le troisième B, Bedoui, pose réellement un grand problème. En tant que Premier ministre nommé par l’ex président Bouteflika, il a la possibilité de déposer sa démission et celle de son gouvernement, mais il n’y a aucune possibilité pour nommer un nouveau Premier ministre et sa nouvelle équipe en l’état actuel de la situation. Car, le président qui doit assurer la période de transition n’est pas habilité de nommer ou prendre toute décision autre que celle d’appeler le corps électoral pour les élections qui doivent avoir lieu dans 90 jours, et cela dès que la vacance à la présidence est déclarée par les deux chambres réunies. Seul le président peut, selon la Constitution, nommer ou remanier un gouvernement. Que faire, donc, avec la problématique Bedoui ? Les spécialistes se creusent la tête pour trouver une solution, sans résultat, car la solution n’existe qu’en dehors de la Constitution, enfin, pas trop loin, puisque l’article 7 peut être appelé à la rescousse, et permettre l’application de ce que veut le peuple (source de pouvoir) , en éloignant Bedoui et son gouvernement, puis désigner une nouvelle équipe qui doit se charger de la gestion de cette période avant l’élection présidentielle. D’ailleurs, on serait de toute façon confronté à un autre problème qui nécessiterait de chercher une solution hors cadre de la Constitution, en l’occurrence l’installation d’une commission pour chapeauter l’élection présidentielle.

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