Aujourd'hui le :
    A+ A A-

    Le « hirak » ou le mouvement indomptable

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Ayoub C.

    On ressent chez tous les acteurs politiques et des représentants de la société civile, en Algérie et à l’étranger, cette crainte de prétendre parler au nom du « hirak » ou mouvement populaire qui a entraîné la chute de l’ex. président Bouteflika et le début d’une déconfiture de tout le système qu’il a bâti durant 20 ans de règne. Partout, sur les plateaux de télévision ou dans des interventions sur différents médias, on entend les conférenciers préciser, y compris parmi les plus actifs dans les vagues de protestations qui ont secoué l’Algérie depuis le 22 février, qu’ils parlent ou qu’ils donnent leur avis sur divers sujets en lien avec le présent et l’avenir du pays, en leur nom personnel et non en tant que représentant du « hirak ». Certaines personnalités, pourtant respectées et acclamées par les foules manifestantes, comme Bouchachi, Benbitour, Zeroual, et autres, refusent de parler au nom du « hirak ». Ainsi que des organisations civiles très actives à l’intérieur et à l’extérieur de l’Algérie, comme le mouvement Rachad, qui évitent soigneusement de trop se montrer en tant qu’acteur de poids dans la protestation. C’est à peine si ses cadres reconnaissent timidement qu’ils participent avec petit pourcentage dans ce mouvement populaire, aux côtés d’autres franges de la société civile. Alors que les partis politiques, les partisans du système Bouteflika et ceux de l’opposition, se tiennent très loin de cette question de représentativité. Des leaders de partis de l’opposition ont tenté de battre le pavé aux côtés des manifestants, sans faire valoir aucune couleur politique, pourtant, se sont vus rejetés, voire malmenés par les foules. Pourquoi cette crainte de se proclamer représentant du « hirak » ? Pourquoi ce mouvement populaire reste-t-il sans représentants plus de quarante jours après ses premières manifestations ? Les algériens, qui se sentent plus fort ensemble, tiennent à garder l’indépendance de ce mouvement populaire, craignant eux-mêmes le spectre des divisions si l’on confiait la mission de « faire dégager » le système à quelques respectueuses têtes représentatives. Le système doit partir, après on avisera, on trouvera des gens intègres et compétents pour gérer les affaires du pays, laissent entendre les manifestants. Personne ne peut surfer sur le mouvement populaire au risque de glisser et se casser la figure. Tout le monde l’aura compris. Seul l’état major de l’Armée après un bref épisode d’incertitude, a su tirer son épingle du jeu, en se tenant aux côtés du peuple, en lui reconnaissant un rôle de toute source du pouvoir. « Djeich chaab khawa khawa » (armée et peuple frères) scandent les manifestants depuis les premières marches pacifiques. Entre l’armée et le peuple, c’est la communion totale. Une communion que certains ne voient pas d’un bon œil, sans pour autant oser critiquer ouvertement cette symbiose. Le peuple veut que l’armée soit garante de la transition démocratique, et les voix qui appellent à son retrait total de la scène, dans l’immédiat, n’arriveront pas à leurs fins. Tout cela donne une leçon à comprendre, en Algérie ce n’est pas le moment de chercher le leadership. Le moment est à l’union pour passer le virage sans encombres et aller vers un état de droit, après on verra. Cet après qui doit impérativement obéir aux seules règles démocratiques et à la sanction de l’urne.           

    Connexion ou Créer un compte