Aujourd'hui le :
    A+ A A-

    10e vendredi des manifestations en Algérie : le seuil des revendications de plus en plus haut, la tête de Saïd Bouteflika demandée

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Ayoub C.

    Le « hirak » qui en est à son 10e vendredi, toujours aussi impressionnant, a commencé tout petit en matière de revendications, juste visant à barrer la route d’un 5e mandat à Bouteflika, puis le seuil de ses demandes ne s’est pas arrêté de monter, passant par le rejet du gouvernement du « bricolage », « tatnahaw gaâ » (dégagez tous) et à bas les ‘4B’ jusqu’à dire « labled bladna wa ndirou raina » (le pays est le notre et en fera ce qu’on veut). Idem pour les comptes à rendre par les corrompus du système, l’appétit ira grandissant dans le sillage des arrestations et l’incarcération de Haddad, Issad Rabreb et les frères Kouninef. Maintenant, on demande ni plus ni moins la tête de Saïd Bouteflika. Demain on ne sait pas qui sera visé par le « Hirak ». C’est la panique dans les rangs des responsables en poste ou d’ex. responsables qui ont quitté la scène bien avant cette vague populaire qui menace d’emporter tout sur son passage. Dans ce contexte, ’ex. Premier ministre Sellal, qui s’est enrichi en contact des Bouteflika et qui s’est fait une réputation par la célèbre boutade des « fakakirs », a quitté le pays sans dire au revoir à ses plus proches. Le sauve qui peut des harragas qui caractérisait l’époque pré- « Hirak », et qui touchait les citoyens de tous bords a tourné vers la nomenklatura, les gens du système, qui traversent la frontières, bien sûr pas dans des embarcations d’infortunes, sans regarder derrière eux. Une situation qui fait craindre le pire. Car, tout, y compris le pays en entier, part à la dérive économique sur une douce musique de la liberté. Le pays est paralysé depuis deux mois, faisant planer le risque d’une grave crise économique, accentuée par les arrestations qui touchent les principaux acteurs économiques qui employaient des milliers de travailleurs et qui ont entre leur mains près de 30 % des fiances du pays, selon certaines estimations qu’on peut facilement croire quand on entend parler des sommes colossales détournées par ces symboles du système politique pourri jusqu’à la moelle épinière qui a été bâti 20 ans durant par les Bouteflika. Le chef d’état major de l’ANP, Gaid Salah, revient avec insistance sur le principe d’aller rapidement vers une solution, mais la marche Patine et on ne semble pas trouver issue dans un proche délai. Non pas parce qu’il est difficile de faire dégager tout le monde, mais parce qu’il faut craindre l’effondrement de toutes les institutions et mettre l’armée devant ce qu’elle craint le plus, prendre directement les devants de la scène politique. La solution politique concertée est urgente. Et tous les algériens doivent s’y mettre, peuple et armée, pour éviter les dérapages malheureux de ce mouvement populaire qui a suscité l’admiration à travers le monde. L’armée ne doit plus temporiser pour accompagner la transition démocratique. Une vraie transition démocratique, pour éviter au pays le chaos.              

    Connexion ou Créer un compte