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Algérie : Bensalah a été dissuadé de déposer sa démission pour éviter au pays le vide constitutionnel

Contesté par le mouvement populaire, qui ne manque pas de lui faire parvenir le message de « dégager », le chef de l'Etat, Abdelkader Bensalah, semble plutôt très disposé à « la concrétisation de la volonté du peuple souverain et la satisfaction de ses revendications légitimes ». En tout cas, c’est ce à quoi il a appelé, ce mardi 30 avril, dans un message à l'occasion de la Journée internationale des Travailleurs. Et pourquoi ne pas le croire ? Le chef de l'Etat a considéré, à travers ce message, qu’il est impératif « d'instaurer un climat de sérénité et d'entente et d'associer toutes les forces vives du pays pour la recherche de solutions consensuelles, en concrétisation de la volonté du peuple souverain, la satisfaction de ses revendications légitimes à une vie décente et son aspiration résolue à un changement radical avec le régime, pratiques et symboles. » Autant dire que le chef de l’Etat partage les mêmes aspirations des manifestants qui réclament depuis plus de deux mois le changement du système et le départ des responsables qui le symbolise, dont Bensalah, lui-même. On pourrait penser qu’il est en train de se moquer du peuple à travers ce message, mais on se tromperait lourdement. Car, le chef de l’Etat avait, selon des sources crédibles, présenté sa démission au même titre que l’ex. président du Conseil Constitutionnel, Tayeb Belaïz, mais des parties influentes au sein de l’état major de l’armée, l’ont dissuadé de démissionner et l’ont convaincu de continuer sa mission à la tête de l’Etat jusqu’à l’élection d’un président de la République qui devait sortir de l’urne le 4 juillet (maintenant ce délai sera un peu plus repoussé puisque personne ne veut de cette élection). Aucune personne ne peut rester dans un poste pareil sans le consentement du peuple, Abdelaziz Bouteflika, lui-même, malgré tout ce qu’il a fait pour rester au pouvoir, a fini par démissionner quand le peuple a décidé de mettre un terme à sa présidence, que dire alors d’un chef de l’Etat « temporaire ». Et on peut croire à cette démission parce que, pour le chef de l’Etat, partir aujourd’hui ou dans trois mois, cela ne fait pas une grande différence pour un homme malade, fatigué qui veut juste partir en retraite loin de la pression de cette période difficile que traverse le pays. Comme on peut croire également que des parties influentes au sein de l’Etat major de l’ANP l’ont dissuadé de partir, car l’armée ne veut pas du vide constitutionnel. La détermination de l’Armée Nationale Populaire à ne pas s’écarter de la voie constitutionnelle  a été soulignée à maintes reprises par le Général de corps d’armée Ahmed Gaid Salah, et le chef de l’Etat reste le garant « visible » du respect de la Constitution. Le peuple devrait désormais s’organiser autour de cette vision, pour faciliter la tâche à l’armée et sauvegarder les intérêts du pays en allant d’une manière souple vers une élection présidentielle en toute démocratie et dans la transparence totale. Il reste que l’autre ‘B’, en l’occurrence Bedoui, doit partir avec son gouvernement de bricolage pour donner un  sérieux gage d’une élection présidentielle sans fraude.       

 

 

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