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    Economie algérienne : le gouvernement sur des charbons ardents

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Ayoub C.

    2020 s’annonce bien difficile pour l’Algérie. Le pays reste sur de très faibles résultats économiques, avec un fort taux de chômage et de nombreux obstacles en perspective. Certains spécialistes craignent le pire, dont Alexandre Milicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision chez Xerfi, «la revue audiovisuelle de l’économie, la stratégie et du management», qui a récemment publié une vidéo sous le titre «La descente aux enfers de l’économie algérienne», expliquant toutes les difficultés de l’économie algérienne, « un pays en pleine tourmente politique depuis des mois », a-t-il relevé. D’après lui, le nouveau Président Abdelmadjid Tebboune se dresse «face à un mur». En plus des tensions sociopolitiques, l’économique algérienne va mal, notamment son secteur public, comme le note Alexandre Milicourtois. «Les entreprises publiques qui génèrent encore près de la moitié de la valeur ajoutée industrielle sont moribondes. En 2018, le niveau de la production manufacturière publique représentait à peine plus de la moitié de celle de 1989, quant au taux d’utilisation des capacités de production, il montre une sous-utilisation structurelle des installations», soutient-il. Rappelant également qu’en 2018, 29% des jeunes Algériens âgés de 16 à 24 ans étaient au chômage. Un chiffre deux fois plus important que celui de la moyenne nationale. Et d’après Alexandre Milicourtois, les chiffres pour 2019, pas encore connus, devraient montrer «une nette détérioration, d’après les déclarations alarmantes faites en novembre dernier par le président du Forum des chefs d’entreprise, la principale organisation patronale du pays». «En outre, sur les 1,5 million de chômeurs algériens, 408.000, soit quasiment 28%, sont diplômés de l’enseignement supérieur et 386.000 de la formation professionnelle, soit 26%. Plus d’un chômeur sur deux est donc diplômé», relève-t-il. Un facteur qui risque de renforcer le mécontentement populaire et attiser les tensions sur le front social. Un front social qui risque de s’embraser à la moindre étincelle. Le nouveau gouvernement fraîchement formé, composé de compétences académiques, doit faire preuve d’ingéniosité pour avancer sur un terrain miné. Et, l’auteur de la vidéo en question n’a pas omis de signaler que les réserves de changes s’épuisent très vite, passant de 194 milliards de dollars en 2013 (soit l’équivalent de trois années et demie d’importations) à moins de 80 en 2018 (soit moins de deux années d’imports)». Presque rien ne joue en faveur du gouvernement Tebboune, qui doit honorer son caractère de gouvernement « des défis » et « de crise », en mettant l’économie sur de bons rails. Pas seulement en priant pour que le prix du baril de pétrole s’envole.  

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