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    La Police empêche la manifestation de l’intersyndical et opère des interpellations massive

    • Catégorie : infos
    • Écrit par Mouloud M.

    En tout état de cause, il faut relever que les services de sécurité usent de méthodes de plus en plus musclées face aux mouvements de protestation qu’on soupçonne d’essence politique ou à haut risque de dérapage vers des troubles publics. Récemment, un membre de la Commission Nationale de Défense des Droits des Chômeurs (CNDDC) nous a confié, lui qui a l’habitude de subir ces arrestations, dira-t-il, qu’il a constaté que les policiers ont durci leurs méthodes des gestions des mouvements de contestation. « C’est carrément terrifiant sur le plan moral tout l’interrogatoire auquel on est astreint », dira-t-il. Avouant que les policiers restent à la limite de la correction et traite les gens arrêtés dans ce cadre avec respect de leur intégrité physique…

     Aucune manifestation n’est tolérée à Alger, l’intersyndicale regroupant plusieurs syndicats autonomes de différents secteurs d’activité (éducation, santé et administration) l’a encore appris ce 25 novembre lorsque les policiers ont empêché le rassemblement qui devait se tenir à la grande place d’El Annacer et auquel ses membres ont appelé à la fin du mois d’octobre dernier, en signe de protestation contre la chute du pouvoir d’achat, les articles qui touchent à la dignité du salarié dans le projet du Code de travail, le maintien de la retraite anticipée et, surtout, contre la marginalisation des syndicats autonomes par les pouvoirs publics et la revendication du respect du libre exercice syndical. Les policiers ne se sont pas limités à empêcher le rassemblement en question, mais ils ont embarqué dans la matinée tous les participants vers le commissariat du quartier, où ils seront retenus jusqu’au début d’après-midi. Le siège de l’UNPEF où se tiennent les rencontres de l’intersyndical, et où se sont regroupés les syndicalistes et les manifestants, a été encerclé par le dispositif policier, et chaque personne qui quitte le siège est systématiquement arrêtée et embarquée, sans SVP. Le président de l’UNPEF Sadek Dziri a, en ces mêmes moments de tension, lancé un appel sur facebook aux militants les exhortant à rejoindre le siège de l’UNPEF, certainement pour faire pression et dissuader les policiers de procéder aux arrestations des militants. Mais, rien à faire, les interpellations des manifestants ont continué, et les manifestants ont été transportés dans des bus de l’ETUSA vers le commissariat. Les personnes interpellées ont été relâchées mais le rassemblement n’a pas eu lieu. Mais les syndicalistes vont recourir à d’autres formes de protestation, comme ils le promettent sur le communiqué écrit à la fin du mois d’octobre, notamment la grève, pour faire parvenir leur voix à qui veut les entendre. La grève ? Les travailleurs ont la liberté d’y recourir mais cela ne rapporte plus grands résultats, si le mouvement ne se dilue pas tout simplement dans la guerre des communiqués autour des taux de participation. La grève peut faire mal à l’économie nationale, perturber la bonne marche de l’année scolaire, pénaliser le malade, mais cela n’a jamais fait fléchir les pouvoirs publics. En tout état de cause, il faut relever que les services de sécurité usent de méthodes de plus en plus musclées face aux mouvements de protestation qu’on soupçonne d’essence politique. Récemment, un membre de la Commission Nationale de Défense des Droits des Chômeurs (CNDDC) nous a confié, lui qui a l’habitude de subir ces arrestations, dira-t-il, qu’il a constaté que les policiers ont durci leurs méthodes des gestions des mouvements de contestation. « C’est carrément terrifiant sur le plan moral tout l’interrogatoire auquel on est astreint », dira-t-il. Avouant que les policiers restent à la limite de la correction et traite les gens arrêtés dans ce cadre avec respect de leur intégrité physique. Il semble que la police a trop évolué sur le plan de la gestion des mouvements de protestation, notamment là où on suspecte la menace de dérive vers le désordre public. Reste seulement à agir dans un cadre judiciaire légal, car ces interventions requièrent des décisions de justice qui interdisent tel ou tel manifestation, sinon on agirait hors cadre de la loi. Des progrès ont été réalisés mais beaucoup reste à faire sur le plan de l’état de droit et du respect des droits de l’homme.                 

     

     

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