Logo

Greffe d'organes prélevés sur les morts, c’est possible en 2018

Devant la nécessité, le tabou religieux et le verrou juridique ont sauté, reste à changer la mentalité des algériens, qui refusent qu’on touche aux organes de leurs proches après leur décès. Doit-on aller secrètement vers des prélèvements d’organes sur les morts sans consulter leurs familles et leurs proches ? La loi permettra-t-elle de procéder au prélèvement même sans le consentement de la famille et des proches des personnes décédées ? Tant de question qui restent encore en suspens. En tout cas, au-delà des moyens techniques qu’il faut mettre en place, on parle de messages ou d’actions de sensibilisation à engager pour convaincre la société d’accepter le prélèvement d'organes à partir de personnes décédées. Mission difficile, pour ne pas dire impossible. Mais, il faut le dire, si la greffe d’organes prélevés sur des cadavres marche bien, des vies nombreuses seront sauvées, le nombre des transplantations qui se chiffre actuellement à 224 opérations de greffe rénale et 9 opérations de greffe du foie, sera multiplié par 6, voire par 10, puisque les greffes réalisées jusque-là se font uniquement entre proches, très proches, c’est-à-dire de « même sang », comme on dit…   

 En tout cas, le tabou a sauté après des années de tergiversation du côté des autorités sanitaires, car le Directeur général de l'Agence nationale des greffes, Mohamed Bourahla a affirmé dimanche 10 décembre à Alger que tous les moyens techniques ont été mis en place pour le lancement en 2018 de la greffe d'organes prélevés sur des personnes décédées. Le pas est ainsi sauté sur le plan juridique et réglementaire, en attendant les dispositions techniques à mettre en place pour réussir ces opérations délicates. Dans ce sens, l'agence nationale des greffes met en œuvre en collaboration avec l'Agence française de la biomédecine « les moyens techniques nécessaires et à choisir les messages à même de convaincre la société d'accepter le prélèvement d'organes à partir de personnes décédées aux fins de lancer cette opération en 2018 tout en développant les opérations de dons qui sont généralement limitées aux proches », a déclaré M. Bourahla en marge du 2e séminaire d'évaluation de la greffe d'organes en Algérie.

Créée en 2012, cette agence veille depuis 2015 à coordonner les efforts entre les différents acteurs dans le domaine, à évaluer périodiquement cette opération sous la supervision du ministère de tutelle, a indiqué le responsable, citant la stratégie et le plan d'action mis en place pour garantir la continuité de cette pratique et éviter les problèmes rencontrés par l'agence au cours des dernières années.

Le responsable médical de l'Agence française de la biomédecine, Olivier Bastian a indiqué que cette dernière veille, à la faveur du partenariat conclu avec l'agence algérienne "à accompagner celle-ci pour développer les cadres juridiques et assurer les conditions sociales pour la transplantation d'organes à partir de donneurs et faciliter leur prélèvement sur des personnes décédées", rappelant les efforts consentis par son pays en 2011 pour lancer ce type de greffe d'organes.

La directrice du centre national tunisien de prélèvement et de transplantation d'organes, le Pr Rafika Badi a évoqué l'expérience de son pays lancée depuis 30 ans, soulignant la nécessité de développer l'opération de don.

De son côté, Radia Kraïba, du ministère de la Santé a évoqué la règlementation mise en place par le ministère pour les établissements activant dans ce domaine et l'autorisation qu'ils doivent obtenir du ministère et qui les engage à présenter l'activité annuelle programmée au ministère concerné et une copie à l'agence nationale des greffes.

 

Les représentants des CHU (14) assurant les greffes, ont indiqué qu'au niveau national, 224 opérations de greffe rénale et 9 opérations de greffe du foie ont été effectuées, citant les obstacles qui entravent cette activité et auxquels sont confrontés certains établissements. Si la greffe  d’organes prélevés sur des cadavres marche bien, le nombre des transplantations sera multiplié par 6, voire par 10, puisque les greffes réalisées se font uniquement entre proches, très proches, c’est-à-dire de « même sang », comme on dit.   

Site développé par © ARIS WEB DZ | Création site web algérie